J1 - Welcome to California !

vendredi 23 novembre 2007

Mhmm, voyons voir sur l'agenda, qu'est ce que j'ai à faire la semaine prochaine ? Les pages blanches tournent les unes après les autres. Rien ? Pas un concert à l'UBU, pas de nuit blanche de rendus de prévue pour le court métrage, pas d'escapades à l'autre boût du pays... pas même une deadline au boulot ! Miracle. L'occasion me parait idéale pour enfin coucher ici mes souvenirs made in USA comme je l'avais promis.

Mesdames et Messieurs, veuillez boucler votre ceinture, nous nous rendons ces prochains jours sur la West Coast du continent américain. Préparez la crème solaire et le cran-d'arrêt, Californie nous voila.

Mr Brightside

Cette histoire commence le 11 septembre 2006 dans une chambre du Waldorf Astoria de NYC. À l'apôgée de ma visite de la côte est des États Unis chez Becky et Mike, ces derniers me préviennent que l'an prochain ils se marient de nouveau. "De nouveau ? Vous avez divorcé ?", "Non", me repondent ils, "c'est juste que tous les 5ans on se remarie dans un endroit chouette. La dernière fois c'etait Hawaii et l'an prochain ce sera San Diego. Si tu veux venir tu es le bienvenu, comme ça tu pourras visiter la Californie et voir l'autre côté du pays. C'est l'occasion de refaire la fête avec des amis, porter une chouette robe et ne pas être stressé comme pour la première fois". Philosophie géniale. Quand je serai grand, rappelez moi d'être comme eux.

Quand on connait bien ces deux joyeux lurons, on ne s'etonne plus de rien. Après un premier séjour absolument génial en leur compagnie, on ne peut se permettre de louper une telle occasion. On se revoit dans un an alors.

A Call To Arms

"Isa, tu fais quoi fin août ? Tu voudrais pas passer 10j sur la côte ouest des États Unis des fois ?". Bizarrement elle a répondu oui. La carte du continent dans une main, le guide du routard dans l'autre et Google Images sous les yeux, nous suffirons à tracer le Dream Trip through Uncle Sam's country.

En rêvant à toutes ces étendues desertiques jonchées de Joshua trees bordant le Pacifique, des images de Sideways et True Romance me reviennent en mémoire. Et pourquoi ne pas combiner le dream trip au road trip après tout ? On pourrait louer une voiture (décapotable), traverser la frontière mexicaine et y passer 3-4jours. Faire du camping sauvage sur la plage, s'immerger dans la culture locale une tequila à la main, les orteils dans l'eau azur.

On sera à moins d'une heure, ce serait bête de s'en priver. En plus, il faut avouer que Baja California ça sonne comme un paradis terrestre... Pas aux oreilles des sites de voyage apparement : "très dangereux pour les étrangers", "grande risque de racket et d'agressions", "plages très appréciées des cartels de drogue".
Peu importe, on est grands, on fera attention ! Je suis sur que c'est sublime... Pas aux yeux de Google Images. Les principales villes étapes de notre parcours prévisionnel sont des taudis sans nom où règnent misère et pauvreté. On est loin des vestiges de civilisations aztèques et du corail.

"Euh Isa, que dirais tu de San Francisco finalement ? Parait que c'est génial ?". Bizarrement elle a repondu oui.

On my way

Nous sommes samedi 25 août 2007, 13h tapantes, prêts à embarquer sur le vol 49 de la Northwest Airlines direction San Diego, California via Detroit, Michigan (prononcez "Ditrooille"). Pendant l'attente, Isabelle prend un malin plaisir à me réciter les commentaires de clients mécontents de cette compagnie (celui ci est particulièrement drôle et caustique).
Apparement les commentaires dataient de 2002 et, depuis, la compagnie s'est grandement améliorée. D'ailleurs, à notre grande surprise, le premier vol long courrier s'est parfaitement passé. Grand choix de films à la demande récents, voire à l'affiche, sur les écrans individuels. On experimente même des plateaux gastronomiques avec de très honnêtes tagliatelles aux épinards ! On est loin du "poulet, qui en fait aurait très bien pu être du boeuf, du tofu ou de la pâte à modeler".

17h00 heure locale, 23h00 heure France. Les autorités locales s'étant assurées que nous n'avions pas perpetré d'actes nazis entre 36 et 45, ni d'actes terroristes recemment, nous avons le droit d'entrer sur le territoire étatsunien. Bienvenue dans le Michigan ! Nous n'en verrons que l'aéroport mais il méritait amplement ces 9 heures de vol.


De gauche à droite : L'aéroport de Detroit - Le "métro" à l'intérieur de l'aéroport - L'accessoire indispensable de toute boutique cadeaux qui se respecte : le Dog-Opoly et le Cat-Opoly.

Je suis ravi de voir que rien n'a changé en un an : de gracieux bourrelets dépassent toujours abondamment entre chaque morceau de corps. Ces derniers sont souvent agrementés d'un appendice naturel sous la forme d'un cookie ou d'un milkshake ! Ah, vive les vacances.

Tout guillerets, nous rejoignons la porte d'embarquement pour notre deuxième vol direction San Diego. Logistique parfaite en théorie : une heure d'attente grand max et zou ! En théorie seulement... Il semble que des conditions climatiques ont paralysées des membres du staff on-ne-sait-où et que notre avion risque d'avoir quelques minutes de retard. Une demi heure tout au plus.
3h00 plus tard, nous embarquons enfin dans un coucou minable, dont on a du mal à croire qu'il transgresse les lois de la gravité. Pour accompagner le tout, des enfants bruyants et agités prennent place derrière nous, en queue de l'appareil (là où on ressent le plus de turbulences). C'était quoi le numéro du vol dans la série Lost déjà ? Ah, vive les vacances.

Human Nature

0h00 heure locale, 9h00 heure France. Arrivée à San Diego, fatigués mais sains et saufs. La température extérieure frôle les 27°C malgré l'heure avancée et on apercoit à la lumière de la Lune, la silhouette de quelques palmiers. Ca a l'air chouette. On ne pourra le vérifier que plus tard... Et oui, comme on a changé nos plans à la dernière minute pour aller à San Francisco à la place du Mexique, on a du reserver un vol depuis San Diego le plus tôt possible. En l'occurrence, 6h00 du matin le lendemain...

Il ne nous restait plus qu'à nous trouver un endroit douillet dans l'aéroport pour les six prochaines heures. Chose plus dur à dire qu'à faire ! Vous avez déjà essayé de passer la nuit dans un aéroport vous ?
L'objectif étant de trouver suffisament de sommeil pour supporter le début du séjour et ne pas perdre de temps, on explore toutes les combinaisons de positions de sommeil, avec deux banquettes de sièges et trois sacs de voyage. Une douce playlist coulant dans mes oreilles (merci chérie) me sauvera la mise plusieurs fois en me permettant de m'endormir dans des positions improbables.


De gauche à droite : C'est un peu Bagdad mais sans les bombes - La technique d'Isa dite "en équilibre entre les deux banquettes" - La technique de Nico dite "sur le sol froid avec le sac sous la tête".

Ce 25 août est décidément très long...

Anecdotes

Les classiques mais ô combien indispensables anecdotes de la journée :

- sur la borne d'enregistrement des bagages à San Diego, on nous propose d'enregistrer des bagages (normal) puis des skis (??).
- mon téléphone portable se met à jour tout seul à l'heure locale.
- au moment même où je cherchais les anecdotes de la journée, et que je les rédigeait dans mon calepin, un charmant indigène local est venu s'asseoir dans notre camp de réfugiés, à quelques centimètres de la tête d'Isabelle, encore endormie, alors qu'autour environ 10 000 sièges étaient disponibles... Elle a eu une belle surprise en se réveillant.


N'est il pas charmant ?

Monkey : Journey To The West

samedi 13 octobre 2007

Cette histoire commence un beau jour de juillet dans les couloirs du métro parisien : un jeune homme se hâte dans l'espoir fou d'être à l'heure à Montparnasse afin de ne pas louper son train. Malgré une concentration à toute épreuve afin d'anticiper les meilleurs trajectoires à adopter au milieu de cette foule dense, et gagner un temps précieux, son esprit se fait happer par une affiche illustrée qui lui laisse un petit goût de déjà vu.

19-2000

Plus curieux que raisonnable, il s'arrête. Le train attendra, "au pire je courrais" se dit-il, "mais avant tout il faut que je sache". Il ne connait pas les personnages de l'illustration mais reconnait sans hésitation le style de l'illustrateur auquel il voue un profond culte depuis son adolescence. Des images pleines de nostalgie lui reviennent alors: un bureau de tabac de l'Hampshire, sa grand-mère qui lui propose de choisir un magazine, la claque qu'il a prit en voyant pour la première foisla trèspolitiquement incorrecte Tank Girl et son petit ami de kangourou anarchiste... Euh... Je m'égare on dirait ! Où en étais-je déjà ? Ah oui, voilà :

Que fait donc une immense affiche dessinée par Jamie Hewlett dans les couloirs du métro parisien ? Je ravale ma question sur le pas (oui, c'est de moi dont je parlais... mais j'ai du mal à tenir le style narratif, je me fais penser à Alain Delon) : comment puis-je encore être étonné par Sir Hewlett, l'artiste qui est toujours au coeur des projets les plus improbables ? Entre deux tomes de Tank Girl bottant le cul à Diana pour lui voler son diadème (véridique), on aura pu apercevoir le coup de crayon du monsieur sur les artworks des albums de Pulp ou Elastica dans les années 90 (rhaa Pulp...).

Encore plus fort, en 2001, au terme d'une soirée un peu arrosée avec son colocataire, il crée le premier groupe virtuel de musique : Gorillaz. L'un mélange les styles et compose (à savoir Damon Albarn, frontman de Blur), tandis que l'autre créé une identité visuelle au projet. Carton immédiat, des millions d'albums vendus et desconcertsanthologiques au compte-goutte où se côtoient dessin-animés grandioses et ombres chinoises de musiciens derrière d'immenses rideaux.
Est ce de Gorillaz dont il s'agit sur cette affiche ? L'affiche titre "Monkey : Journey To The West" et le personnage central a des faux airs de primate. Pourtant, le groupe sont censés avoir splitté le mois dernier et aucun des personnages dessinés ne ressemble à Noodle ou à Murdoc. Après un examen attentif, d'autres mots s'extraient pour renforcer encore un peu le mystère: opéra en chinois, acrobates et artistes de cirque, "par les créateurs de Gorillaz"...
Il ne m'en faudra pas plus : je saute de justesse dans mon train, appelle ma douce pour convenir d'une date entre le 29 septembre et le 13 octobre et quelques heures plus tard je sors souriant de la Fnac de Rennes, 2 sésames à la main. Reste plus qu'à attendre le 5 octobre.

Feel Good Inc.





Vendredi 5 octobre à 19h40. Une petite foule attend déjà devant les portes, customisées pour l'occasion, dusuperbe Théâtre du Chatelet dans le 1er arrondissement à Paris. Le matin même, j'avais lu un article sur la volonté de l'établissement d'hétérogènéiser leur public et de démontrer que l'opéra n'est pas un loisir réservé à une quelconque élite. Aux vues de la file d'attente, le pari est réussit : jeunes étudiants curieux et novices côtoient bourgeois et dirigeants manifestement agguéris des lieux.
L'intérieur du théâtre vaut lui aussi le déplacement : l'aménagement et l'architecture sont dans le plus pur style renaissance italienne, noyés dans une ambiance rouge sombre et or de très bon goût : le cadre idéal pour une soirée comme celle-ci.
20h00. Un programme à la main ("Demandeeeez le prograaaame !"), nous rejoignons nos places au balcon, impatients de savoir quel goût aura le cocktail de ce soir. Pendant plusieurs semaines, alors que le buzz montait petit à petit et que les représentations affichaient les unes après les autres complet, j'ai fait mon maximum pour ne pas trop en apprendre sur le contenu de la soirée. Ma seule certitude, pêchée dans les Inrocks de septembre : c'est énorme !

Demon Days

20h30. Les lumières s'éteignent, le spectacle s'allume littéralement. Une séquence animée,dans le plus pur style Hewlett, envahie le rideau-écran encore baissé. Elle est rapidement rejointe par l'orchestre d'une soixantaire de musiciens situés en contrebas de la scène. La musique a exactement le goût que j'avais imaginé : les mélodies piano pop à la Blur se mélangent aux sonorités asiatiques, le tout à la sauce opéra. Délicieux.

Un oeuf géant apparait sur l'ecran, dévale de la montagne sur laquelle il était perché et se casse pour en laisser surgir un singe pour le moins hargneux. Le narrateur, en chinois (le tout est sous titré en haut de la scène), nous présente Monkey, roi singe qui veut devenir l'égal de Bouddah par tous les moyens.
Inspiré de l'un des mythes fondateurs de la civilisation chinoise et divisé en neuf tableaux, cet opéra-pop est la rencontre entre les arts traditionnels Chinois et la culture contemporaine occidentale : plus de 70 artistes chinois sur scène (acrobates, chanteurs d'opéra chinois, interprètes d'arts martiaux.) au rythme de la musique composée par Damon Albarn et dans les décors et les costumes de Jamie Hewlett. L'adaptation et la mise en scène de ce spectacle, qui mêle aventures et magie pour décrire les pérégrinations du roi singe en quête de la sagesse, sont assurées par Chen Shi-Zheng, dont le travail est mondialement connu. Le tout est enfin complété de scènes animées réalisées par Jamie qui, par de savants jeux de rideaux, s'intègrent dans les décors ou permettent de faire de superbes transitions entre les actes.

Comme des images parlent toujours mieux que les mots, voici deux petites vidéos retranscrivant la magie du spectacle :


Monkey:journey to the west
envoyé par Kmilleg

DLR de France 3 IDF avec Monkey Journey...
envoyé par France3Paris

Et enfin quelques photos trouvées ici et là du spectacle :




November has come

Le retour en Occident s'est fait deux heures plus tard, des sourires d'enfants au coin des lèvres, du charabia rythmé pseudo chinois entre ces mêmes lèvres. Je dois reconnaître que j'attendais énormément de ce spectacle, mais que malgré tout, ce dernier était largement au-dessus de ce que j'avais pu imaginer. Mise en scène soignée, pointes d'humour, costumes et décors made in Gorillaz, une musique épicée réunissant deux antipodes et surtout des artistes chinois époustoufflants de perfection et de maîtrise ; tant au niveau vocal que physique. Encore une fois Albarn joue les audacieux et ça paye. Et ce ne sont pas les applaudissement chaleureux de toute la salle debout qui diront le contraire.

Ce soir aura lieu, la dernière représentation à Paris en présence des 3 créateurs du projet. Je vous dirai bien d'y courir mais celle ci affiche Sold Out depuis plusieurs mois. Les seules solutions sontde suivre la troupe à Berlin le mois prochain ou alors d'attendre que les créateurs d'un groupe virtuel s'associent avec un metteur un scène doué, réadaptent avec génie une ancienne légende et la jouent à Paris... Peut-être dans une autre vie...

La Valse d'Amélie - Part II

dimanche 7 octobre 2007

Note : Ce post est la deuxième (sur 2) partie de l'article "La valse d'Amélie". Pour une meilleure compréhension je vous conseille de lire la première partie ici.

Sur le Fil

Contrairement à la première partie de la ballade qui se concentre sur le 18ème et Montmartre, la seconde partie offre une petite visite sympathique du 10ème arrondissements et de ses alentours. Malgré le fait que ces deux arrondissements soient limitrophes (volonté de réalisme ou soucis de simplification de la logistique du tournage ?), je vous conseille tout de même de prendre le métro à Lamarck pour rejoindre La Chapelle : y'a quand même une petite trotte et vous allez être amené à marcher encore un peu !


Cliquez sur les images pour les voir en plus grand.

10. Métro Porte de la Chapelle.

Station présente dans plusieurs plans du film : comme lorsque Amélie cherche le fameux Dominique Bretodeau ou lorsqu'elle rentre chez elle (??) et qu'elle apercoit les affiches "Où et Quand" laissées par Nino avec son nombril dessus... Au passage admirez, sur le comparatif 2001-2007 des photos au dessus, le joli boulot des matte-painters sur la facade extérieure : disparition de l'entrée en briquette, ajout d'un arbre, d'un joli mur orange en haut...

11. et 12. Le canal Saint-Martin.

"[..] elle cultive un goût particulier pour les tout petits plaisirs : plonger la main au plus profond d'un sac de grain, briser la croûte de crème brûlée avec la pointe de la petite cuillère... et faire des ricochets sur le canal St. Martin". Comment résister à une promenade le long du canal St. Martin ? Ce serait un pêché de ne pas le longer pour y observer quelques péniches nomades traversant avec patience chacune des 12 écluses. Par contre, pour les amateurs de ricochets, prévoyez vos galets d'avance.

13. La Gare de l'Est.

Il est vrai qu'entre toutes ces stations de métro et ces gares, on finirait par se croire dans une pub pour la RATP. Disons qu'Amélie vante bien les grandes qualités du réseau de transport en commun parisien... avec certaines incohérences géographiques toutefois : la facade de la Gare de l'Est ne ressemble t-elle pas terriblement à celle de la Gare du Nord ? C'est pourtant un gros "EST" qu'on voit écrit dessus dans le film... Ahh, matte-painting quand tu nous tiens.

14. Gare de l'Est et rue d'Alsace.


C'est en rentrant d'un énième déjeûner avec son père que notre héroïne va tomber de nouveau sur Nino. Celui-ci inspecte les photomatons, (aujourd'hui disparus... mais ont ils vraiment existé ?) à la recherche de portraits orphelins, lorsqu'il tombe sur le fameux "fantôme du photomaton". Voulant résoudre ce mystère, s'ensuit alors une triple course poursuite se terminant sur la rue d'Alsace. Vous trouverez le grand escalier de la photo, à la sortie de la Gare de l'Est, en prenant deux fois à droite pour rejoindre la rue d'Alsace.
PS : Je viens de voir, en faisant le montage de la photo de l'escalier, qu'un Space Invaders s'est furtivement inscrusté sur le pylône de droite .

15. Gare du Nord.

Délicat de bien tracer la limite entre les deux gares tellement la magie du cinéma se permet de mélanger les deux lieux d'un plan à l'autre dans une même scène : Amélie sort du train sur un quai de la Gare du Nord passe dans l'agora de celle de l'Est, sort du batiment qui s'avère être la Gare du Nord avec "EST" écrit dessus et se retrouve mêler à une course-poursuite dans les quartiers de celle de l'Est... de quoi filer une syncope à tous les contrôleurs SNCF.
Tout ça pour dire, qu'il ne faut pas vous étonnez de ne pas retrouver la même continuité de décors dans le monde réel.

16. Pont des Arts.

Assez éloigné des précédents lieux, il ne figure pas sur la carte ci-dessus. Toutefois, reliant l'Institut de France à la cour carrée du Palais du Louvre, il vaut le détour plutôt deux fois qu'une. C'est sur ce pont, que Jeunet filme une Amélie fière d'elle, après avoir fait sa première bonne action (rendre sa boîte en métal d'enfance à D. Bretodeau). À ne pas manquer.

S'est achèvée avec ce dernier lieu notre journée. Pour les mordus et les courageux, vous pouvez continuer la ballade Rue Mouffetard pour faire votre marché comme Dominique. Ou encore, vous pouvez tenter de retrouver la maison du père d'Amélie sous l'aqueduc à Cachan dans le Val de Marne... (cf crédits pour plus d'informations).

Crédits et Remarques

Je tiens à remercier toutes mes sources, qui m'ont été d'une grande aide dans ce travail de fourmi, et encore plus aux vues de mes compétences en culture architecturale parisienne. À savoir :

- l'excellent site L2TC.com - Lieux de Tournage Cinématographique, site de passionés, regroupant des informations sur des centaines de films. Je l'ai, malheureusement, découvert un peu tard.
- le sympathique syndicat d'initiative de Montmartre qui a du me prendre pour un grand malade (contact : 01 42 62 21 21). À noter qu'ils proposent un dépliant gratuit intitulé "Sur les traces d'Amélie Poulain" resituant les endroits clés du film dans leur quartier.
- Isabelle pour sa patience nocturne : "Isa, c'est quoi la station de métro qui est en hauteur à Paris ?" (c'est là que j'ai appris qu'il y en avait une cinquantaine dans ce cas), "Isa, c'est quoi ce pont avec le gros batiment dans le fond ?". Niark, désolé.

Il est à noter que les photos titrées 2001 sont la propriété de UFD et JP Jeunet tandis que les 2007 sont les miennes.

La Valse d'Amélie - Part I

jeudi 4 octobre 2007

"Ah ! Enfin les traditionnels bulletins du road trip de Nico en Californie..." se disent surement certains. Désolé de vous faire fausse joie mais non... Ca ne saurait tarder cela dit (une fois qu'une certaine parisienne bastillienne m'aura envoyé les photos qu'il me manque pour étayer mes dires).

En attendant, il y a des tonnes de sujets qui m'apparaissent quotidiennement et sur lesquels j'adorerai blogguer mais ma fameuse lenteur lorsqu'il s'agit d'expression écrite et le manque de temps relatif, m'obligent à faire des choix et en évincer. Quel dommage de ne pas porter à la postérité toutes mes expériences. Il faudrait que je développe un don d'ubiquité un de ces jours, ça résoudrait pas mal de mes problèmes.
Tout ça pour dire qu'à défaut de frime californienne, j'ai décidé de vous présenter une petite promenade cinématographique dans Paris que j'ai concocté il y a quelques semaines.

Comptines d'un autre été

Cinématographique certes, mais sur un film bien en particulier : oeuvre poétique désormais culte de Jeunet, césarisé à tour de bras (meilleur film, réal, musique) et ayant faillit s'appeler "Les aventuriers de la chair de poule" (on l'a échappé belle), je veux bien entendu parler du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
Difficile de passer à coté de tous ces décors à la photographie superbe et si particulière style carte postale vieille France, puisés ici et là dans notre belle capitale. Alors quand votre douce réside dans cette jolie ville et qu'elle est une fan absolue du film, votre sang ne fait qu'un tour.

Pas si Simple

Aidé d'internet, de quelques coups de téléphone à divers syndicats d'initiative et d'amis parisiens dans la confidence, j'ai essayé de répertorier la majorité des lieux significatifs qu'on peut apercevoir dans le film afin de réaliser un petit itinéraire champêtre et amusant (champêtre n'est peut être pas de rigueur mais j'aime beaucoup cet adjectif).
Chaque lieu noté sur les plans est accompagné, un peu plus bas, d'une petite note descriptive et d'un comparatif de photo (film/maintenant). Évidemment on est loin du rendu du film, de la magie du cinéma, de ses lumières et de ses retouches post prod : à titre d'exemple, ne soyez pas surpris de découvrir que le café des deux moulins n'a en commun que le nom avec celui de l'affiche américaine par exemple.

La Redécouverte

Première partie de l'escapade à Montmartre dans le 18ème, quartier redondant du film et hôte des endroits phares de la vie d'Amélie. Ce n'est pas pour rien que le film est titré "Amelie from Montmartre" outre atlantique : so french !


Cliquez sur les images pour les voir en plus grand.

1. Métro Abesses



L'endroit où Amélie croise Nino pour la première fois... A dire vrai la scène a été tournée dans la station Porte des Lilas Cinema, ancienne station désaffectée depuis la disparition de la voie navette. Elle connaît malgré tout une seconde jeunesse en servant de décor aux tournages de pubs ou films (Paris je t'aime, Band of brothers...) permettant ainsi de ne pas immobiliser des stations fonctionnelles de la capitale. Elle n'est cependant pas accessible au public pour autant.

2. Palace Video - 74 bld Clichy



D'après mes sources, le sex shop de Nino devait se trouver au 74 boulevard de Clichy. Adresse crédible mais surement obsolète : en effet, un sex shop trone bien fièrement entre le 72 et le 76 mais sa devanture n'a de commun avec celui du film que l'inscription tape-à-l'oeil "Peep Show". J'aurai bien vérifié l'intérieur mais c'était légèrement glauque comme enseigne. Les Ann Summers, chaîne de sex shop plutôt glamour ayant pignon sur rue outre manche, me manquent.

3. Le café des 2 moulins - 15 rue Lepic





Lieu incontournable du film où Amélie travaille et aime se mêler de la vie de ses clients. Le coin bar tabac de Georgette a disparu mais on n'est pas tant que ça dépaysé : l'endroit a su garder son charme, maintenant le bon équilibre entre sa clientèle attirée par l'oeuvre de Jeunet et ses habitués parisiens. On y croisera un poète bobo assis en train de lire le Figaro, des ouvriers travaillant à côté, un couple venu boire un café... Les plats sont plutôt abordables et bons, le service souriant. Enfin, pour le dessert, les afficionados apprécieront de pouvoir casser le dessus de la crême brulée "à la Amélie Poulain" avec la pointe de leur cuillère.

4. Cinéma Studio 28 - 10 rue de Tholoze

 

Splendide cinéma indépendant accroché à la butte. Anecdotique dans le film, il vaut surtout le détour pour ses salles causy rouges. Fermés lors de notre promenade nous n'avons malheureusement pas pu y rentrer.

5. Épicerie Au Marché de la Butte - 56 rue des Trois Frères



C'est dans ces moments là qu'on se rend compte de l'utilité de la post production : la Maison Collignon (tête de... bref) est bien différente de celle où travaille Jamel et ne fait pas vraiment rêver. J'admire l'oeil agguéri de ces professionnels qui repèrent les lieux de tournage et savent, en un clin d'oeil, ce à quoi ça pourra ressembler une fois fixé sur la pellicule. Ah, la magie du cinéma !

6. et 7. - Le Sacré Coeur



Surplombant la ville de Paris, la basilique du Sacré Coeur sert de terrain de jeu de piste à Amélie, pour guider Nino vers son précieux cahier de photomatons loupés. Sur son parvis, on peut retourner en enfance au rythme des tours du manège. Un endroit délicieux.

8. Rue Saint Vincent



"Le trois septembre 1973, à dix-heures, vingt-huit minutes et trente-deux secondes, une mouche bleue de la famille des califoridé, capable de produire 14 670 battements d'aile à la minute, se posait rue Saint Vincent à Montmartre". Ce sont sur ces mots et sur cette rue qu'André Dussolier, narrateur du film, introduit le film. Ce même endroit servira également de lieu de tournage à la dernière scène du film où Amélie et Nino chevauchent leur fidèle mobylette. Sûrement une manière pour Jeunet de boucler la boucle.
Cachée derrière la basilique, cette petite rue sinueuse trahie un Paris presque provincial. Renforts et murettes en granite sur lesquels se hissent lierres et autres plantes grimpantes, sol pavée débouchant sur quelques petits parcs : l'endroit est parfait pour une tranquille promenade pédestre.

9. Métro Lamarck



Débordante de volonté d'aider les gens après sa première tentative fructueuse, Amélie se propose de guider un vieil aveugle au travers du quartier jusqu'à la station Lamarck. Au passage, signalons une petite incohérence dans cet itinéraire, puisque les deux débarquent sur la station juste après avoir traversé la rue Lepic : on en est bien loin pourtant !

La Valse Des Vieux Os

Encore une fois je me suis sur estimé. Je pensais pouvoir retranscrire tout ce périple le temps d'une soirée mais ma lenteur reprend le pas. La suite arrive donc dimanche à mon retour de week end ! Désolé pour cet interlude.

EDIT : la deuxième et dernière partie de ce guide est désormais rédigée et est accessible ici.

Arcade Fire - Olympia 2007

mercredi 28 mars 2007

Queen à Wembley en 86, Pink Floyd à Berlin en 89... Il y a des concerts qui ont marqué d'un trait blanc l'histoire du rock'n'roll. Tout mélomane digne de ce nom en a vécu un, un jour, par substitution : retransmis dans un tube cathodique, narré par un proche, ou encore à l'écoute d'un vinyl poussiéreux...

Malgré cette expérience indirecte, ils ont, pour la plupart, eu l'impression de faire parti du public, d'effleurer du bout des tympans ce moment de grâce unique, de vibrer. Alors imaginez ce qu'on peut ressentir quand on le vit en direct !

Combien de fois me suis je demandé une pointe d'amertume au cœur : "Pourquoi ne suis je pas né 20ans plus tôt ? Pourquoi je n'y étais pas ?"... Depuis une semaine, je sais que je ne me poserai plus la question car je pourrai maintenant dire avec fierté "J'y étais !". Je pourrai, à mon tour, narrer à d'envieuses petites oreilles ce concert d'Arcade Fire à l'Olympia du 19 janvier 2007.

Children Don't Grow Up

Après une semaine d'hésitation, je suis encore tiraillé entre deux sentiments contradictoires. Le premier correspond au plaisir égoïste de garder la review de ce concert pour moi. Comme un enfant qui dissimule ses bonbons pour être le seul à en profiter. Le second est celui qui m'habite à chaque fois que j'écris quelques lignes ici : contaminer les gens avec mon enthousiasme, éveiller leur curiosité et leur donner envie !

D'ailleurs les récents "Nico, en lisant ton blog, tu nous as donné envie de visiter Prague : on y part le mois prochain !" sont parmi ces rares phrases qui me scotchent aux lèvres un sourire béat toute une journée ! Alors me dire que mon bulletin et mon obsession passionnelle soudaine pour ce groupe vous a donné envie de prêter votre oreille à Arcade Fire en serai une autre... A bon entendeur.

Quoiqu'il en soit, pour contenter les deux petites voix qui n'arrivent pas à se mettre d'accord dans mon crâne, je vais opter pour un compromis : suffisamment pour vous donner envie, juste assez pour garder sauvage une partie de mon jardin secret arcadefirien.

They TurnThe Summer Into Dust

Pour ne rien gâcher au plaisir de la soirée, la première partie avait été choisie avec soin. Chargées de préparer le public à l'uppercut de leurs grands frères, les petites Electrelane n'ont pas faillies. Certes, la machinerie a mis du temps à se lancer : les demoiselles, tel un moteur diésel, ont dû faire quelques tours de chauffe avant de se mettre le public dans la poche.

Des chansons des 4 albums y passent pour le plus grand plaisir d'un public agréablement réceptif. Les morceaux sont majoritairement instrumentaux dans la lignée de Mogwaï : montée en puissance progressive jusqu'à l'explosion où les 4 jeunes filles entrent littéralement en transe et se débarrassent de leurs inhibitions. Elles portent bien leur nom, leur prestation est littéralement électrique.

Mention spéciale à la guitariste, Mia Clarke, on ne peut plus rock'n'roll qui a obtenu à l'issue de son frottement de guitare contre son ampli, le titre ô combien flatteur de femme de ma vie. Ni plus ni moins (d'ailleurs si quelqu'un veux bien la mettre au courant histoire de fixer une date pour le mariage).

Au terme 40 minutes de set crescendo, les lumières se rallument laissant le public sur sa faim. Mission accomplie. A cela s'ajoutent 20 minutes d'entracte très sixties offertes par l'Olympia qui deviennent péniblement 40 minutes d'attente. Aretha Franklin a beau avoir les mêmes initiales, personne ne s'y méprend, tout le monde s'impatiente.

Our Hearts Get Torn Up

Sans crier gare, les lumières s'éteignent enfin : la tension et l'attention n'en croient subitement ! Tous scrutent frénétiquement la scène, espérant secrètement et ridiculement être le premier de l'assemblée à voir le groupe. Qui est pris qui croyait prendre, c'est le groupe qui nous verra en premier.

Première leçon d'un talent sans limites, le groupe s'offre une entrée magistrale complètement improvisée par l'entrée du public. Armé d'aucune autre amplification que celle d'un mégaphone Win et ses acolytes se hissent jusqu'au milieu de la fosse sous le regard émerveillé des fans et entament une version unplugged de Wake up...

L'Olympia vibre sur le rythme de la chanson. L'Olympia vibre sous les "ouh oh oh" de 1500 personnes. Je vibre d'émotion. Magistral, grandiose, inoubliable... tous les superlatifs sont de rigueur.

Alors que le public est captivé par le centre de la fosse, Jeremy, le batteur en profite pour se glisser sur scène et s'entreprend à marteler une grosse caisse laissée là. Il est ensuite rejoint par un nouveau luron du groupe et se lancent dans une version canon des couplets.

Le public encore une fois fait un parcours sans fautes, conscient d'assister à un moment rare : pas de groupies hystériques, seulement des gens respectueux et soucieux de voir le groupe dans les meilleurs conditions pour jouer, lui laissant son espace vital.

Par la suite, on apprendra que le groupe, en collaboration avec une équipe de tournage, ont décidé quelques minutes avant d'entrer sur scène, de changer la setlist initiale et de commencer de cette manière quelque peu inédite. En backstage, avant de monter sur scène, ils honorent la caméra de concertaemporter.com d'une émouvante version de Neon Bible tournée dans un monte charge. Mythique. Et comme les images parlent toujours mieux que les mots :


#41 - Arcade Fire - Neon Bible & Wake Up
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You'd Better Look Out Below

Je pourrai évidemment vous raconter comment ces 10 canadiens armés de violon, d'orgue, d'accordéon et d'autres instruments aussi peu conventionnels, ont ensuite réussit à créer le meilleur concert auquel j'ai pu assister jusqu'à aujourd'hui, mais je ne le ferai pas. Pas l'envie mais surtout la crainte que mes mots tachent et imagent d'une mauvaise manière la si belle réalité, qu'ils ne soient pas à la hauteur. Pas à la hauteur de la prestation, pas à la hauteur du génie, de l'inventivité, de la grâce...

Malgré le fait que nous étions 1500 ce soir là, pas un instant je n'ai cessé de ressentir cet espèce de lien unique entre le groupe et chaque personne de la salle. C'est comme si ils avaient réussit à expurger du plus profond de chacun une sensation que l'on savait tous présent en nous, mais que nous n'avions jamais pu faire sortir avant. Le bonheur dans son sens le plus brut. On en redemanderait.

Et c'est ce qu'on a fait... 1h40 de concert et 16 chansons plus tard, on en redemande. Les roadies s'affairent déjà à tout ranger, l'ingé son a quitté la régie, la moitié de la salle a quitté les lieux, mais nous on n'en a pas finit. L'obsession finit par payer car 20 minutes plus tard, visiblement ému et décontenancé, le groupe revient. Ils sont changés, certains douchés mais clairement décidé à exaucer notre dernier souhait. Après une petite concertation, tout le staff est rappelé à l'ordre, on rebranche les jacks, on rallume les amplis, on éteint de nouveau les lumières. Deuxième leçon, les doigts vers le ciel, on attend que la règle en bois leur retombe dessus. Qu'est ce que c'est bon.

Régine se saisit du micro. Je devine In The Back Seat. La version live est mille fois mieux que je n'aurait pu l'imaginer. Il n'en faudra pas plus pour me tirer un début de larmes. Il n'en faudra pas plus pour en tirer à Régine aussi. La plupart des textes sont tirés d'expériences très douloureuses (décès de proches), et même après des centaines de représentations, les émotions ne peuvent être contenues.

Même en écrivant ces lignes, la vidéo de Wake up sous les yeux, j'ai du mal à contenir les miennes. J'y étais...