J1 - Benvenuti a Venezia

lundi 28 février 2011

Dire que mon premier séjour en Italie avait été bien peu agréable, serait encore loin de la vérité... C'était à Milan en 2006 et je n'en ai ramené ni photos ni souvenirs. Il faisait pourtant beau et chaud, la ville n'est surement pas inintéressante mais tout ce dont j'arrive à me rappeler se résume à un défilé de fashionistas, de conducteurs inconscients et de gens qui parlent trop fort... Bref, quasi tous les clichés que nous avons de l'Italie, non ?
Tout ça pour dire que, l'idée de retourner un jour dans ce pays ne me séduisait vraiment pas, et que la 2nde impression avait intérêt à être sacrément bonne pour que j'oublie le goût amer que m'avait laissé Milano... Et puis, en juillet 2010, nous sommes allés à Venise...

Genesis - Justice

L'histoire commence quelques semaines avant : entre l'arrivée imminente des grandes vacances, un besoin pressant de changer d'air après une année scolaire harassante et mon anniversaire en juillet, il n'en fallu pas plus à Anne-Cécile pour nous offrir quelques jours de détente en Vénétie. Et, une fois n'est pas coutume, elle s'occupe de tout : la galère des billets d'avion, la réservation de l'hôtel et même la lecture du guide du Routard (qui pourtant, normalement, est mon domaine de prédilection)... Miam, il faudrait que mon anniversaire tombe plus souvent.


Afficher Venice 2010 - Overview sur une carte plus grande

Si bien que, de mon côté, entre le rush du boulot et la préparation de nos 3 semaines en Californie en août, je me suis retrouvé le jour J du décollage sans aucune idée précise de ce à quoi allait ressembler notre destination. Une grande première pour moi quand on connait mon gout pour l'organisation. Alors certes, comme tout le monde, je connaissais Venise : à travers des décors de films (Indiana Jones et la dernière croisade), des décors de jeux vidéos (Aahh Tomb Raider II...), ou encore la visite du Venetian à Vegas. Bref, un mix navrant de pop culture de ce genre là :



Sauf que Venise c'est plutôt ça :


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Samedi 10 juillet 2010. Moi dans l'avion : "Ah mais en fait Venise c'est une île ? Elles n'ont pas l'air très larges les routes... Quoi, c'est pas des routes ? Y'a pas de voitures ?". Euh, y'a que moi qui ne savait pas tout ça ? Honnêtement ? Non parce que dans Tomb Raider, y'a pas mal de fleuves et tout, mais jamais on nous précise que c'est une île. Ok, je sors...

Venice - Beirut


Alors c'est quelle ligne ? Évidemment, les bateaux-transports en commun entre l'aéroport et la ville, ça a une autre gueule que le RER C

Du coup à l'aéroport, en attendant la navette-bateau pour rejoindre Venise, me voila obligé d'ouvrir le Routard pour remédier à mon manque évident de culture : "Venise se trouve au centre d'une lagune de 50km de long et de 15km de large. La commune est très compact : elle regroupe près de 118 ilots reliés par 160 canaux et 420 ponts [...]".

Ok, ça j'avais bien remarqué déjà... Mais qu'est ce qu'ils sont allés construire une ville là dessus ? "À l'origine, la ville s'est constituée au Vème siècle, avec la venue depuis la terre ferme de colonies fuyant les invasions barbares. En arrivant, ils n'ont trouvé qu'une surface marécageuse rendant les constructions difficiles. Le terrain a donc été consolidé à grands coups de pilotis pour qu'il puisse supporter le poids des bâtiments. On peut voir ainsi sur le Grand Canal plusieurs bâtiments qui s'affaissent." Un marécage et des bâtiments affaissés... mhmm dans ce genre là ?



Sauf que Venise c'est plutôt ça (vue depuis la navette) :



Bon d'accord, je vais définitivement mettre mes idées reçues sur l'Italie à la poubelle... Enchevêtrements de canaux, ponts par centaines, palais se reflétant dans l'eau ou scène de rues pittoresques, la ville est absolument magnifique et je comprends mieux son surnom de "Sérénissime" ! J'avais déjà beaucoup apprécié Prague pour son côté "anachronique" mais là on est clairement un cran au-dessus. On se croirait revenu au XVème siècle ou dans décor de film sur la Renaissance. Il ne manque plus que quelques gentilshommes et dames en robes à corsage pour que l'illusion soit parfaite.

Lost And Found - Feeder

Une fois nos affaires posées dans un délicieux petit B&B en plein cœur de la ville, nous décidons de profiter de cette première après midi à Venise, pour flâner un peu au hasard de nos envies et nous perdre dans le dédale des ruelles. Rien de plus facile quand on sait que Venise est un vrai labyrinthe : ruelles en cul-de-sac sur un canal, multiples détours pour atteindre le pont qui se trouve à quelques mètres devant nous ou encore numérotation des rues étranges et chaotiques !


De gauche à droite : Une sympathique ruelle au hasard - Encore une voie sans issue - Comment profiter du caractère labyrinthique de la cité.

Tiens d'ailleurs la numérotation, parlons en ! Qui est le masochiste qui a instauré ça ??? Venise est divisée en 6 quartiers et la numérotation progresse par quartier et non par rue ou par place. Une fois qu'on se trouve dans une rue, les numéros suivent en fait le périmètre du pâte de maisons et passent ensuite au suivant. Du coup, on se retrouve facilement avec des adresses débiles du type 4311, Strada Nova, Cannaregio (n°, nom de la rue, quartier) qui font que, s'il manque une seule information, il est quasiment impossible de s'y retrouver. Vous imaginez si, à Paris, on numérotait par arrondissements ?


Bon ok, je suis né en 83 mais la devanture était moins belle...

Enfin, nous profitons du coucher de soleil pour nous laisser bercer par un voyage vaporetto (bateau-transport en commun), dont la ligne 1 parcourt le Grand Canal dans toute sa longueur. La lumière sublime la ville à la perfection et les photos sont du plus bel effet.




Et Demain !?

Demain, entre deux invitations enivrantes à flâner, nous partirons à l'assaut des 3 musées d'art contemporain de l'île : la collection Peggy Guggenheim et les deux musées rêvés et réalisés par François Pinault (Le Palazzo Grassi et la Punta Della Dogana). Comment ça des musées d'art contemporains ? Nous sommes à Venise, véritable musée-ville de la renaissance italienne quand même ! Certes, mais il se trouve que cette période picturale a le don de nous saouler, sales jeunes insensibles que nous sommes...

J7 & J8 - Arkadi, Piscine & Champagne

mercredi 23 février 2011

C'est non sans un subtil mélange de bouche pâteuse, de joues calleuses et de dents frileuses que nous émergeons en ce vendredi matin 19 juin 2009. Officiellement, aujourd'hui, nous devons visiter un monastère puis traverser l'île dans le sens nord sud, voir un château, prendre un bateau, visiter un village de pêcheurs et faire le trajet en sens inverse. Officieusement, une épidémie d'encéphalorectomie (comprendre "gueule de bois") s'est abattue sur nous cette nuit, et nous n'avons pas le courage de passer une autre journée en voiture. Nous décidons donc à l'unanimité (sauf Pascale qui dormait, mais elle ne nous en a pas voulu) de faire une journée glande.

Histoire de nous donner bonne conscience, nous poussons tout de même (sauf Pascale qui dormait, mais elle ne nous en a pas voulu non plus) vers le monastère d'Arkadi, réputé être le plus beau monastère de Crète.


Afficher Crete 2009 - Day 7 - Arkadi sur une carte plus grande.

Red Neck Reel - 16 Horsepower

Le problème, si vous vous souvenez bien, c'est que les grottes Sfendoni étaient aussi les plus belles grottes de Crète... J'exagère. Le monastère est loin d'être laid, il est même plutôt magnifique, mais sa réputation en fait le point d'intérêt majeur de la région, à 1h20 seulement d'Héraklion. Nous qui fuyions jusqu'ici les cars de touristes, nous avons eu notre dose. Et malgré le sympathique ossuaire et le magnifique spécimen de touriste barbu qui s'y trouvaient, nous n'avons pu préférer ce monastère à Agia Triada (voir la journée de lundi) dont le cadre et la quiétude étaient incomparables avec Arkadi.



De gauche à droite, de haut en bas: Rha allez vous en sales touristes - Tiens, un bien bel exemplaire... Surement allemand ou néerlandais - Quelques vues sur le monastère.

C'est donc un tantinet désappointés que allons rejoindre Pascale à l'hôtel. Mais la suite des réjouissances relève le niveau de la journée. Comment avons-nous pu passer une semaine dans cet hôtel sans remarquer le bar de la piscine ? Ah oui c'est vrai, nous avons rapidement déserté :p Bref, en cette après-midi de vendredi, nous serons les rois de la piscine, c'est décidé.

Champagne - Millionaire

Et ce qu'il y a de mieux qu'un bar de la piscine, c'est un bar *dans* la piscine, surtout quand c'est notre copine Marine qui y sert ! Le principe est simple : vous êtes dans la piscine, accoudés au comptoir, vous dites "champagne !", et voilà. "Mais c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres !", me direz-vous, et vous aurez raison ! Sébastien, clope au bec et cocktail à la main, en est la parfaite illustration... Bref, le moment est idéal pour étrenner les cartes à jouer étanches de Nicolas (mais quelle fabuleuse invention !), faire des concours de natation synchronisée, jouer aux cartes sous l'eau, et y faire des pompes, naturellement. Toutes ces choses qui auraient perdu tout leur intérêt si le bar avait été absent.




Mais oh mon Dieu ! Nous allions oublier ! Le personnel du bar compte sur Pascale et moi qui devons prendre notre service ! Ils seraient tellement déçu si nous n'y allions pas ! Séchage et habillage rapides, puis nous nous rendons au bar où nous retrouvons Yiannis et Marion qui semblent un peu tendus... Rastapopoulos est accoudé au bar, comme de par hasard, il ne sera pas possible de jouer aux barmen, fichtre ! Nous obtenons tout de même la permission exceptionnelle de revêtir le nœud papillon officiel du bar de l'hôtel, et je peux vous assurer qu'il a la classe.


La classe non ?

Wasted Party - The Vismets

Le soir tombe, ce qui signifie que dans un dodo, il faudra repartir d'ici... Eh bien profitons, que diable ! La soirée s'annonce sous les meilleurs auspices lorsque nous découvrons, à une table voisine, le sosie miniature de Chantal Goya (ce qui a bien dû nous occuper une heure). La nuit continue par le fameux spectacle de fin de séjour que tout bon club de vacances se doit de présenter à ses touristes sur le départ, vous savez, ce spectacle qui se termine inexorablement par une reprise de chanson connue et une chorégraphie minable ? "Heeeeeeey baby ! Ouh ! Ah ! I wanna knooooow...".
Après le spectacle, je m'autorise une percée en backstage pour rencontrer une de nos idoles du séjour, en la personne d'Antonio, qui acceptera de poser dans son habit de lumière, rien que pour Pascale. Merci, Antonio.


De gauche à droite : Antonio en backstage, superbe ! - Ressemblante non ? - Dédicace corporelle à Underberg, on vous laisse imaginer les autres lettres.

Le reste de la soirée est assez confus. Le staff nous aime toujours autant, peut-être y a-t-il un lien de cause à effet entre les deux phrases qui précèdent, je n'en sais rien. Toujours est-il que Nicolas nous gratifiera d'un mime corporel destiné à rendre hommage à Underberg (un bitter à 43° "idéal après une bonne choucroute", selon la publicité), et que Sébastien et moi finirons par répéter en live une chorégraphie des Village People que nous préparions pour un mariage. Navrant, n'est-il pas ?

Sébastien sera définitivement le plus courageux d'entre nous puisqu'il finira la nuit avec ses collègues de Cap alors que nous serons rentrés nous mettre au lit.

Et Demain !?

C'est avec un brin de mélancolie que je me rends au petit-déjeuner, ce samedi matin. Un dernier tour de l'hôtel et de ses piscines pour prendre quelques photos une pose "à la touriste japonais" près d'un ananas géant, je suis fin prêt, mais le coeur n'y est pas vraiment, et les autres n'ont pas envie de rentrer non plus.



Heureusement pour nous, Sébastien, toujours présent dans les moments difficiles, nous remettra le moral au beau fixe dès qu'il ouvrira la bouche. Non pas qu'il ait dit quelque chose de particulièrement drôle, mais les effluves de vomi qui émanaient de son gosier auront suffi à nous mettre en joie. Merci, Seb !

Nous embarquons dans notre avion, direction Nantes. Adieu soleil brûlant, lagons, monastères perdus dans les vallées, chèvres assassines... Et adieu raki ! Nous ramenons un peu de toi dans nos bagages, hé hé :)

J6 - Sfendoni, Bali et Open-Bar

samedi 22 janvier 2011

Pour cette journée de jeudi 18 juin 2009, il a été décidé de se mettre un peu au repos et au frais, histoire de récupérer des gros coups de chaleur des jours précédents. Nicolas a trouvé la destination parfaite, les grottes de Sfendoni, près de Zoniana, à une petite quarantaine de kilomètres de l'hôtel (qui peuvent vite se transformer en une heure de route, ndlr).


View Crete 2009 - Day 6 - Sfendoni & Bali in a larger map

Bien sûr, les routes secondaires ne sont pas balisées et nous finissons par nous perdre tout au bout d'une minuscule route (goudronnée) qui finit en cul de sac en haut d'une montagne, face à ce que l'Histoire retiendra comme étant l'ancêtre du tracteur. À force de persévérance, nous arrivons près des grottes et dégustons une petite bière bien méritée après toutes ces émotions.

Light It Up - Blood Red Shoes

Pour la petite histoire, les grottes de Sfendoni (d'une superficie de 3400m²) auraient été découvertes par une petite fille qui fut retrouvée morte par ses parents après huit jours d'intenses recherches. Attention ! Morte, mais avec le sourire, le sourire de l'enchantement...


De gauche à droite : l'entrée de la base milit... euh de la grotte pardon - Oh! la belle jaune - Oh la belle... non en fait c'est bien laid

Bref, l'entrée des grottes se présente plutôt comme un hangar de l'armée allemande qui aurait été dissimulé dans un flanc de montagne. La première chose qui vous saisit, en entrant dans les grottes, c'est une délicieuse impression de fraîcheur naturelle, alors que vous transpirez comme un goret depuis cinq jours. La deuxième chose qui vous frappe, c'est le mauvais goût avec lequel les grottes ont été mises en valeur : des spots colorés qui virent du rouge au vert en passant par le violet. C'est vomitif au possible, et les gros cons de touristes avec leurs poussettes à l'intérieur de la grotte ne font rien pour que nous appréciions le lieu !
Nous avons tous les quatre des accès de violence, il va être temps de partir... Le plus dommage, dans tout ça, c'est que la majeure partie de la grotte, qui sert de réserve pour de nombreuses espèces animales, n'est pas accessible au public. Tant pis pour nous, il fallait bien faire au moins un piège à touristes pendant le séjour !

Underwater - Venus

Heureusement pour nous, le programme de l'après-midi est nettement plus réjouissant, puisque nous avons prévu d'aller plonger avec un petit club français situé dans le village de Bali, à une dizaine de kilomètres de l'hôtel. Pascale et Nicolas sont des habitués de la plongée, Sébastien et moi sommes rookies. La préparation théorique et les recommandations d'usage s'éternisent, nous sommes comme des gosses privés de leurs jouets un jour de Noël, mais le signal est donné et le bateau nous emmène, Sébastien et moi, vers une petite crique, tandis que Pascale et Nicolas vont plus loin, sur les ruines englouties de l'ancien port antique de Bali.


De gauche à droite: Vue sur le port de Bali - Allez hop, tout le monde à l'eau.

Que dire de notre baptême de plongée ? Énorme, tout simplement. La faune n'était pas exceptionnelle, c'est certain (même si nous nous sommes contentés des oursins et des murènes), mais l'expérience est clairement à renouveler. Nous aurions bien prolongé la plongée avec les moniteurs et la soirée avec Axelle ;) (ndlr : la preneuse de photos)



De gauche à droite, de haut en bas: Seb et Xavier, l'air très rassurés - rejoint sous peu par Pascale et Nicolas - après avoir contemplé quelques vestiges du passé (ndlr : cette dernière photo a été prise avec un jetable argentique)

Drunk For The Last Time - Montevideo

Le retour à l'hôtel se fait via une petite escale à Panormos, le village le plus proche de l'hôtel, dans lequel nous n'avons pas encore mis les pieds. Outre un magnifique figuier de barbarie, Panormos nous semblera être une sorte de village fantôme, servant potentiellement de dortoir au personnel des hôtels les plus proches.

Mais le réel intérêt de la soirée ne réside pas dans la visite de Panormos, non. Comme je vous le disais plus tôt, nous mettons un point d'honneur à prouver à Cécile et au reste du monde ce que "all inclusive" signifie pour nous... Et c'est en bonne voie dès l'apéritif, pris en terrasse du bar de l'hôtel, où nous décidons de goûter à tous les cocktails auxquels nous avons droit, c'est-à-dire tous les cocktails non surtaxés. Inutile de préciser qu'il aura fallu peu de temps pour que le staff nous remarque. Les cocktails s'enchaînent et nous investissons l'intérieur du bar alors que l'extérieur se rafraîchit. Nous sympathisons rapidement avec Marine, notre serveuse attitrée, qui a le bon goût de penser que nous relevons le niveau des clients moyens. Sympa :)



Bref, le raki coule à flots, nous en remplissons même une bouteille d'eau "pour plus tard", et tandis que nous commençons tout juste à nous amuser avec notre serveuse préférée, nous percevons une légère animosité de la direction à l'égard de cette dernière... qui n'a carrément plus le droit de nous servir. La sanction aura été prompte et injuste. Peut-être le directeur du bar (le sosie de Rastapopoulos) n'aura-t-il pas apprécié que je démontre qu'il est possible de faire des pompes entre deux fauteuils (après avoir enlevé mes chaussures, bien évidemment, je ne suis pas un vandale), que Sébastien nous donne un cours de golf, ou plus simplement que Marine prenne un peu de plaisir à travailler...


De gauche à droite : Il y ressemble non ? - notre sympathique serveuse - Seb nous fait un cours de golf (lieu et moment totalement appropriés)

Nous sommes franchement mal à l'aise vis-à-vis d'elle. L'idée d'intervenir auprès de la direction nous effleure (mauvaise idée, nous l'admettons sur le champ), mais nous décidons tout simplement de lui présenter nos excuses en lui écrivant un petit poème en alexandrins que nous chargeons nos deux autres serveurs attitrés de lui remettre. Nous négocions également le droit de venir travailler le lendemain au bar (ce qui témoigne de notre chianterie du soir, tout de même) puis prenons le chemin de nos chambres.


De gauche à droite : un poème d'excuses en alexandrins - une pompe entre deux fauteuils.

De retour à la chambre, comme il se doit en pareilles circonstances, moult débats philosophiques alimentent la conversation, allant de l'importance de trier ses chaussettes avant lavage au rôle d'Herbert Léonard dans l'art de la bande originale de séries télévisées moisies. Dure fin de soirée...

Et Demain !?

Demain, bizarrement nous aurons une énorme gueule de bois (ah bon ??) et, au lieu de suivre le magnifique programme que nous avions concocté, nous nous contenterons de glander à l'hôtel et de jeter un coup d'œil au monastère du coin.

J5 - Les Gorges de Samaria

mardi 18 janvier 2011

Mercredi 17 juin 2009, il faut se lever tôt... La patronne de l'hôtel nous a pris des billets pour aller visiter les gorges de Samaria, autoproclamées "plus grandes gorges d'Europe". Jusqu'à 300m de hauteur et seulement larges de 2m au point le plus étroit, nous voici donc partis pour une promenade champêtre de 16km et son dénivelé de 1250m, dont une bonne partie est effectuée sur les deux premiers kilomètres. Ça promet.


Afficher Crete 2009 - Day 5 - Samaria Gorge sur une carte plus grande

PS: Pour ceux qui n'auraient jamais joué avec, je vous conseille de cliquer sur le petit bouton "Earth" en haut à droite, et ainsi suivre notre piste de la journée, en 3D et avec le relief. D'ailleurs pour terminer de vous convaincre, voici à quoi ça peut ressembler :



Clint Eastwood - Gorillaz

Les sacs sont chargés d'eau et de nourriture, nous embarquons dans le minibus (rien de tel pour être malade en arrivant là-bas) où nous sommes accueillis par un guide répondant au nom de "Lycos" (prédestination, quand tu nous tiens !), véritable sosie de Clint Eastwood.
Dans le minibus nous repérons un couple, comment dire... spécial. Ils portent la même panoplie de tennisman : casquette blanche, petit polo rose, tennis et soquettes blanches, et bien sûr l'inimitable petit short blanc édition spéciale coupe du monde de football 1982. Après ce que nous avons lu sur la descente des gorges, nous restons songeurs... La route dure 1h30, pause petit-déjeuner incluse. À l'arrivée, nous sommes lâchés dans le parc et notre petit couple modèle part devant nous, main dans la main. C'est tout mignon, vraiment.




De notre côté, nous sommes un peu crevés par les efforts des derniers jours, la chaleur, le manque de sommeil, sans compter les douleurs dorsales de Pascale qui ne l'arrangent pas. La première partie du parcours est en très forte pente. Nicolas et moi descendons plutôt rapidement pour éviter de glisser. Seb et Pascale restent un peu en arrière. La fatigue aidant, une petite remarque anodine crée un petit clash dans le groupe. C'est décidé, chacun descendra à son rythme sans se préoccuper des autres.

Hands Around My Throat - Death In Vegas



Les gorges sont vraiment magnifiques et très bien aménagées, des toilettes et des points d'eau discrets étant répartis sur tout le parcours (si nous avions su...). Il faut dire qu'en pleine saison, jusqu'à 3000 touristes descendent les gorges chaque jour. Heureusement pour nous, après les deux premiers kilomètres, nous sommes quasiment seuls et nous pouvons profiter du calme ambiant et du paysage. Nous profiterons de l'occasion, à l'image de nombreux visiteurs, pour construire un petit cairn mignon comme tout, et, à pas à l'image de nombreux visiteurs, pour prendre des photos stupides et faire des pompes dans des endroits insolites comme entre deux rochers au dessus d'une rivière... on ne se refait pas.



La pente s'adoucit, nous passons par l'ancienne ville abandonnée de Samaria où nous apercevons quelques kri-kris (ndlr : non, pas le gros naze d'Hélène et les garçons) et chèvres sauvages, puis la dernière partie de la randonnée s'effectue en fond de vallée, au bord d'un petit cours d'eau qui, parait-il, gonfle dangereusement entre septembre et mai (ne peuvent en témoigner les touristes qui s'y sont noyés en 1993). Après 4h30 de marche, nous sortons des gorges et, matraqués par le soleil, nous rejoignons Aghia Roumeli en admirant au passage les chèvres qui, elles aussi, cherchent le moindre coin d'ombre pour s'abriter.




Kung Fu Fighting - Carl Douglas

Aaaah, Aghia Roumeli, petite cité pittoresque de bord de mer servant de refuge aux hordes de touristes en mal de glace, de bière et de souvenir de mauvais goût... Le touriste moyen, lorsqu'il atteint Aghia Roumeli, fait les boutiques (bondées) puis va s'étendre sur la plage en attendant le bateau qui doit le ramener à son bus (le village étant inaccessible en voiture). "Plage" est d'ailleurs un bien grand mot. Une plage grise, laide, qui fleure bon le dégazage sauvage par les bateaux qui y mouillent... Le Routard nous a une nouvelle fois sauvés. Certes, nous avons apprécié la bière et la glace à la sortie des gorges. Mais pour le côté plage, nous avons suivi les conseils du guide : faire une centaine de mètres vers l'est, passer de l'autre côté de l'héliport et... apprécier, tout simplement.



Nous avons alors découvert une sublime plage de galets bordant une mer turquoise. Pour échapper au soleil, des petits box en pierres entassées étaient aménagés sous les oliviers. Que demander de plus ? Simple, la petite crique que nous avons découverte à une centaine de mètres de là, composée d'un énorme rocher qui, en plus de nous permettre de faire des pompes, nous a servi de tremplin pour faire les andouilles. "On ne trouvera pas mieux, c'est sûr" !



Un demi-tube de crème solaire plus tard (ce qui me donne toujours l'impression de beurrer un poulet), nous avions découvert le véritable bonheur, sur une plage complètement déserte (à l'exception du monsieur tout nu, au loin, qui faisait des "choses" avec sa bonne amie), à quelques centaines de mètres d'une meute de touristes adipeux. En guise de douche avant de nous rhabiller, nous aurons le plaisir de dénicher l'embouchure de la petite rivière qui coulait au fond des gorges. Se rincer à l'eau minérale, si ça ce n'est pas la classe ultime !

Paper Boat - Cocoon



L'heure de prendre le bateau en direction de Sougia est malheureusement arrivée trop vite. Au revoir jolie plage, tu nous manqueras... Nous longeons la côté sud de l'île en direction de l'ouest et apercevons une multitude de petites boîtes que nous avons supposé être des ruches, ainsi que des petits villages côtiers complètement coupés du monde. Le retour en bus s'effectue dans le calme (notre petit couple mignon ayant survécu aux gorges de Samaria) et nous passons notre dernière soirée à Chania dans un délicieux restaurant Turc, où nous avons découvert que le Kebab n'est pas nécessairement un snack dégueulasse qu'on régurgite en partie toutes les dix minutes pendant six heures. Non, celui-là était délicieux et très digeste ! Retour à l'hôtel de Capgemini dans la foulée, nous sommes HS.

Et Demain !?

Demain, entre deux stalactites de la grotte la plus laide du monde, nous chausserons nos palmes et nos bouteilles pour plonger à Bali. Bali en Crête bien sûr...