J13 - Scooter, Gunung Kawi, Batur & Besakih

dimanche 22 août 2010

Vendredi 30 octobre, 7h00. Étonnant la vitesse à laquelle on s'habitue à vivre dans un bungalow sur pilotis avec des rizières tout autour... Aujourd'hui, longue promenade au nord de Ubud à la découverte de temples, de volcans et de re-temples...


View Indonesia 2010 - Day 12 - Besakih in a larger map


The Wheels Roll On - Archie Bronson Outfit



Petit aperçu vidéo.

Après le cyclo-pousse, les vans de transport public et le chauffeur attitré , il est temps pour nous de se frotter à un nouveau mode de locomotion : le scooter 125cm3 ! Pour 3€ la journée, c'est un vrai bonheur à conduire, pratique, rapide mais aussi terriblement dangereux. Les sensations avec sont géniales, on est libres et très proches des locaux (parfait pour demander son chemin), mais je ne le conseille qu'aux gens complètement aguerris sur 2 roues... Surtout quand on réalise à quel point la route est une zone de non droit, qu'il faut penser à rouler à gauche et que vous ne trouverez jamais une location avec assurance... On ajoute à ça la qualité médiocre des soins hospitaliers en Indonésie, et vous aurez saisit que le moindre problème peut vite tourner à la catastrophe.


Le bolide en question et Anne Cécile qui fait son baptême en deux roues motorisées (en parlant de personne non aguerries, je tiens à rassurer mes lecteurs: la photo est prise sur un parking désert et c'est moi qui ai conduit tout le reste de la journée).

On profite d'être enfin les maîtres à bord pour flâner à gauche à droite, et prendre les routes qui nous inspirent sans se soucier des détours ou de la direction... Et l'inspiration est au beau fixe ce jour là ! Au détour d'un virage d'une petite route quelconque, nous tombons nez à nez avec de sublimes rizières en terrasse : Monsieur Le Routard, puis je savoir pourquoi ces dernières ne sont pas indiquées dans votre guide ?



Surtout que celles ci s'étendent sur plusieurs kilomètres, et adoptent des motifs aussi différents que superbes pour épouser au mieux le relief, nous obligeant évidemment à nous arrêter tous les 400m...



Après les rizières, nous arrivons dans un petit village de sculpteurs de bois. L'atelier dans lequel nous nous arrêtons ne fait qu'un seul modèle mais le fait bien : il s'agit de Vishnu, dieu hindou, chevauchant son aigle géant Garuda, scène populaire en Indonésie et symbole de protection (un peu l'équivalent du Maneki-Neko au Japon).

Vishnu et Garuda - la partie principale est constituée d'une seule pièce de bois - sur laquelle sont rajoutés les ailes et le symbole du soleil.

Rustic City Fathers - Vic Chesnutt

Après quelques pérégrinations, nous atteignons notre première étape officielle de la journée : Gunung Kawi : un temple du Xème siècle encastré dans une vallée tout au fonds d'une dépression de rizières magnifiques. Pour y accéder, il faut descendre les 230 marches d'un escalier de galets sous un soleil de plomb. Heureusement, le cadre fait rapidement oublier l'effort et la chaleur :

De gauche à droite, de haut en bas: T'as le look coco - petit apercu de la vallée - idem - le temple encastré (un peu fade en comparaison de son superbe cadre naturel - les rizières environnantes

Cerise sur le gâteau, les hasards du calendrier font que la grande fête de Kuningan (l'équivalent de notre Ascension) doit avoir lieu le lendemain et le temple grouille donc de balinais en plein préparatifs :



Au moment de partir, nous nous faisons gentiment alpaguer par une indonésienne dont le vocabulaire anglais ne se compose que d'un seul mot : waterfalls. Elle nous invite à la suivre et à s'enfoncer dans les rizières, ce que nous faisons volontiers. La ballade est très chouette et croise en effet le chemin de nombreuses cascades d'une dizaine de mètres cachées derrière la végétation.


De gauche à droite : notre guide - 2 cascades (très fines) en fond - petit aperçu de la ballade.


En bonne professionnelle et avant de réclamer son dû (évidemment...), notre guide de fortune nous propose même de prendre une photo de nous devant la fontaine. On hésite un peu à lui laisser l'appareil photo mais au pire, si elle s'enfuie elle n'ira pas bien loin avant de se prendre un tacle.



Chess - Weezer

La deuxième étape de la journée ne se situe qu'à une vingtaine de kilomètres au nord du temple de Gunung Kawi, mais 1000m plus haut (mais le scooter tient le coup). Perché à 1400m d'altitude, il s'agit du volcan et du lac Batur.

Sur le papier, le site a l'air idyllique : 2 superbes volcans avec, à leur pied, un lac de cratère de 10km de diamètre dont les eaux changent avec le temps et la couleur du ciel. Dans la pratique, l'arrivée au lac se fait par un village dont l'accès est payant (??) et qui n'est en fait qu'un lieu dit exclusivement consacré au tourisme : à peine descendus du scooter, on est tout de suite entourés par des vendeurs de sarongs, de statues en os ou de jeux d'échecs qui ne nous lâcheront les baskets qu'au profit d'un car de japonais meilleur pigeons que nous. Nous passerons évidemment sur le fait que le seul restaurant du coin, lieu de réunion de tous les tour-bus de touristes obèses, ne sert qu'un buffet cher et peu avenant...

À éviter donc... Surtout si le temps est moyen et la vue peu convaincante, comme aujourd'hui :



Angry Young Man - Get Well Soon

Nous nous échappons rapidement de Batur, qui ne correspond définitivement pas avec le côté de Bali que nous aimons, et nous dirigeons vers notre dernier objectif de la journée : le temple de Besakih, le plus grand temple de Bali mais aussi le plus vénéré. Malgré ces propriétés intéressantes, il est désormais déserté par les touristes : le harcèlement et les arnaques ont pris de tels proportions que les tour-operators ont sortis le temps de leur circuit...

À notre arrivée sur le parking, nous nous faisons arrêter au bureau de "Tourist Information". Un employé nous explique que nous sommes très chanceux car, aujourd'hui, a lieu une cérémonie très importante. Par contre, il n'est possible d'accéder au temple qu'en compagnie d'un guide officiel. Le prix du guide est fixé librement, mais quand on nous tend le registre avec le montant donné par les personnes nous ayant précédées, on peut voir que celles ci ont laissé des sommes astronomiques : entre 80 et 100$ (une fortune en Indonésie).
C'est étrange car j'ai comme une impression de déjà-vu... Je demande aux employés de me laisser quelques secondes avant de remplir le registre, j'ouvre le Routard à la page "Temple de Besakih" et me lance dans la lecture du paragraphe de mise en garde : "[...] dès que l'on sort de la voiture, des pseudo-gardiens du temple vous expliquent qu'à cause de la cérémonie spéciale qui a lieu aujourd'hui (comme par hasard), ils doivent impérativement vous guider... Ils demandent parfois des sommes hallucinantes (jusqu'à 100$) et sont particulièrement insistants. Ne louer surtout pas leurs services car, contrairement à ce qu'ils prétendent, il est tout à fait autorisé de visiter le temple sans guide"...

Tiens, tiens... "Hey know what ? My guide book here says that you're trying to con us... So we gonna enter the temple, without a guide, and we'll see... Seeya guys". Évidemment ça les a bien soufflés et se sont retrouvés bien cons ! Merci le Routard !

Les ennuis continuent 50m plus loin avec un pseudo gardien du temple qui nous dit qu'on ne peut pas entrer dans le temple sans sarong (un foulard autour de la taille). Oh et comme par hasard, 10m plus loin, une femme en vend plein... La vie est vraiment bien faite ! Mais encore une fois, le Routard est formel : pas besoin de sarongs pour rentrer. On essaye donc de forcer le passage, mais notre homme insiste et devient menaçant... Où est donc passé la légendaire gentillesse indonésienne que nous avons pu apprécié les 12 autres jours de notre séjour... Il est surement d'origine étrangère :-).



Je lâche donc quelques roupies à contrecœur : surement à peine une vingtaine de centimes d'euros, mais c'était plus une question de principe que d'argent...

Du coup, notre visite est un peu ternie. On ne prend pas le temps de lire les explications, de rentrer dans les temples ou d'en admirer les détails. À l'intérieur, nous croisons des petits groupes de touristes accompagnés d'un guide : se sont ils rendus compte qu'il n'y avait pas de cérémonie spéciale ? Le guide les fait passer près d'une gamine d'à peine 5ans qui, dès qu'elle les voit, se rue sur eux pour les attendrir et leur vendre des cartes postales hors de prix... C'est triste...

C'est un peu dommage. Surtout qu'au final le site est assez joli :



Sur la dernière photo, la svastika dans sa signification originelle...

Master Of Puppets - Metallica

Pour finir la journée tranquillement, nous décidons de profiter des différentes activités culturelles traditionnelles que nous propose la cité d'Ubud où nous séjournons. Ce soir nous optons pour un spectacle de wayang kulit, théâtre de marionnettes en ombre chinoise à la lumière d'une flamme, comme celles qu'Anne Cécile a acheté la veille.



Au final, c'est amusant les premières secondes... L'histoire racontée en indonésien et la fatigue de la journée ont vite fait de nous assoupir. En fait, mis à part le temple et les rizières du matin, on aurait mieux fait de se casser une jambe aujourd'hui...

Et demain !?

Demain, nous recevrons officiellement un baptême bouddhiste et vous apprendrez pourquoi Pico de Chocapic est remplacé par un koala en Indonésie...

Your God - dEUS

mercredi 5 mai 2010

Mercredi 29 octobre 2009. 8h00 du matin, l'odeur du bacon et des œufs brouillés du petit déjeuner fraichement déposé sur la terrasse, envahit doucement notre bungalow... Bienvenue à Ubud, petit bourg perdu au milieu des rizières et capitale culturelle de l'île.


De gauche à droite: la vue depuis la terrasse du bungalow - le bungalow en question.

Quiet Time - Archive

Aujourd'hui ralentissement de rythme : pas de randos, pas de plongées, pas de centaines de kilomètres à parcourir... Juste une journée pour se détendre un peu, profiter de la ville et flâner. Ça commence d'ailleurs par l'hôtel, juste superbe et parfaitement intégré au cadre. Pour ne rien gâcher, le staff est adorable et toujours prêt à rendre le séjour plus agréable. Pas étonnant qu'il soit complet parfois 9 mois en avance...



Dans un ultime effort, nous échappons à l'appel envoutant de la piscine pour enfin mettre le pied dehors. Village de peintres et d'artisans, Ubud est le noyau de l'art balinais et le conservatoire des traditions. Malgré son attrait touristique évident (lieu idéal pour rayonner dans toute l'île) et les innombrables boutiques qui s'y sont ouvertes ces dernières années, la ville dégage une sorte de sérénité intemporelle.

Le respect des traditions et la religion sont également omniprésent: on ne compte plus les temples croisés au détour d'une rue devant lesquels les balinais viennent déposer leurs offrandes et faire leur rituels comme si rien d'autre n'importait.



Strange Fruit - Aaron

La ballade se continue avec l'incontournable marché d'Ubud tout en couleur et en odeur (en particulier la très vomitive odeur du durian, un fruit exotique interdit dans le métro de certaines grandes villes d'Asie, que nous n'avons pas osé goûter d'ailleurs).



À quelques pas du marché, loin des vendeurs de souvenirs pour touristes, nous tombons sur un magasin d'antiquités digne de la caverne d'Ali Baba ! Scaphandre de plongeur du début du siècle (!?), masques de danse usés par les performances, bijoux anciens... Mais ce sont surtout les vieilles marionnettes de wayang kulit (théâtre de marionnettes en ombre chinoise), disposées dans la vitrine, qui attireront notre curiosité et le porte monnaie d'Anne-Cécile.


À droite: les marionnettes faîtes en peau de porc et tenu par un os du même porc..

The Monkey's Back - Menomena


L'autre grande attraction d'Ubud est sa Sacred Monkey Forest, une grande réserve à la végétation épaisse où vivent une communauté de macaques (pour rappel le singe est un animal sacré dans la religion hindoue). Si le principe est tout à fait louable, il semblerait qu'avec l'avènement du tourisme dans la région, un bon nombre de primates se contentent désormais d'attendre les cacahuètes des visiteurs (quand ils ne deviennent pas agressifs et ne viennent pas vous les piquer dans la poche...).

De notre côté, ne cautionnant pas vraiment l'exploitation de ces pauvres bêtes, nous nous contenterons d'admirer les canines de ceux qui trainent sur les bords de la forêt lors de notre retour à l'hôtel.


À droite: 2 macaques apparemment athées, en train de piller des offrandes...

Il ne manque plus qu'une seule chose pour que notre journée détente soit parfaite : cette chose s'appelle un traditionnel massage balinais ! Ambiance sereine et feng shui, thé au gingembre avant le soin, choix des huiles qu'on veut se faire appliquer... et enfin une heure de pur bonheur, du cuir chevelu jusqu'au bout des orteils... Tout le monde devrait connaître ça au moins une fois dans sa vie.


De gauche à droite: le choix des huiles - un très sexy slip en papier (il nous a fallu 2 bonnes minutes pour trouver dans quel sens ça se porte - l'état de la table après notre passage...

Et Demain !?

Demain vous découvrirez les plus belles rizières de l'île, des contrexemples de l'adage "les balinais sont d'une gentillesse incroyable" et à quelle vitesse peut rouler un scooter indonésien.

Manta Ray - Pixies

dimanche 2 mai 2010

Mardi 28 octobre 2009, 7h00 du matin et une journée très attendue qui s'annonce ! En effet, d'octobre à décembre, une colonie de raies manta trouvent domicile près des rivages de Nusa Penida, une petite île au sud-est de Bali. L'occasion rêvée d'enfin rencontrer celle que l'on surnomme le diable des mers.


Afficher Indonesia 2009 - Day 10 - Nusa Penida sur une carte plus grande.

Vague - We Are Wolves

Cela va sans dire, plonger avec les mantas se mérite : le spot de plongée étant à plus d'une heure de bateau de Padang Bai et la mer ne se laissant pas faire, on ne compte plus les petit déjeuners passés par dessus bord ! Je bénis mon intuition d'avoir accompagné le mien d'un cachet de Mericalm.



Le temps de trajet est aussi l'occasion de faire un petit briefing de la plongée: l'endroit où l'on se rend est une station de lavage pour raies manta. En plus de regorger de nourriture (du plancton en l'occurrence), le site abrite des colonies de petits poissons nettoyeurs : les mantas décrivent alors des cercles autour des nids de ceux-ci, et se font faire une petite beauté pendant qu'elles mangent.
Le but du jeu est donc de se mettre au milieu du cercle que dessinent les mantas et de profiter de la vue.
C'est un peu comme si en attendant au drive-in de McDo, des étudiantes en bikini venaient nettoyer votre voiture gratuitement (oui bon le bikini est peut être de trop...).

Allez hop, on se prépare pour aller à l'eau ! Bizarre, il semblerait que tout le monde sauf nous ait prévu une deuxième combinaison de 3mm... Pourquoi faire ? 6mm de combi c'est ce qu'il faut pour plonger en Bretagne... on est sous les tropiques là, ça va le faire à l'aise avec nos 3mm... ou pas... Le site est au croisement de plusieurs courants froids, ce qui explique l'abondance de planctons et de poissons :
du coup, à 20m de profondeur, l'eau avoisine les 20° et comme on ne palme quasiment pas, les minutes sont longues entre deux mantas qui passent...


Malheureusement, l'abondance de plancton gâche un peu les photos...

Blue - We Are Wolves

Le soucis des plongées avec les mantas, c'est qu'il n'y a généralement rien d'autre à voir qu'elles. Pour palier à ça, on se déplace un peu plus au nord de l'île, sur un site appelé à raison Crystal Bay. L'eau est toujours aussi froide mais la visibilité et la diversité animale y sont extraordinaires.


De gauche à droite : Non non même pas froid - des sweet lips avec des plongeurs en arrière plan - un poisson scorpion est cachée dans cette photo.

Dans la catégorie camouflage,
après le poisson scorpion, nous faisons la rencontre d'un poulpe chromatophore qui n'arrête pas de changer de couleur pour échapper aux enquiquinements de notre guide de plongée:



Lagoon - Nightwish

Enfin, avant de sauter dans le bus pour Ubud, on s'accorde quelques instants pour profiter des plages environnantes (la première fois depuis notre arrivée en Indonésie). Bien cachée derrière une petite vallée, nous optons pour la Blue Lagoon Beach au nom bien évocateur.



Et demain !?

Demain, nous partons à la découverte d'Ubud, capitale culturelle de l'île. Au programme, un superbe marché, des singes et des massages traditionnels...