Arcade Fire - Olympia 2007

mercredi 28 mars 2007

Queen à Wembley en 86, Pink Floyd à Berlin en 89... Il y a des concerts qui ont marqué d'un trait blanc l'histoire du rock'n'roll. Tout mélomane digne de ce nom en a vécu un, un jour, par substitution : retransmis dans un tube cathodique, narré par un proche, ou encore à l'écoute d'un vinyl poussiéreux...

Malgré cette expérience indirecte, ils ont, pour la plupart, eu l'impression de faire parti du public, d'effleurer du bout des tympans ce moment de grâce unique, de vibrer. Alors imaginez ce qu'on peut ressentir quand on le vit en direct !

Combien de fois me suis je demandé une pointe d'amertume au cœur : "Pourquoi ne suis je pas né 20ans plus tôt ? Pourquoi je n'y étais pas ?"... Depuis une semaine, je sais que je ne me poserai plus la question car je pourrai maintenant dire avec fierté "J'y étais !". Je pourrai, à mon tour, narrer à d'envieuses petites oreilles ce concert d'Arcade Fire à l'Olympia du 19 janvier 2007.

Children Don't Grow Up

Après une semaine d'hésitation, je suis encore tiraillé entre deux sentiments contradictoires. Le premier correspond au plaisir égoïste de garder la review de ce concert pour moi. Comme un enfant qui dissimule ses bonbons pour être le seul à en profiter. Le second est celui qui m'habite à chaque fois que j'écris quelques lignes ici : contaminer les gens avec mon enthousiasme, éveiller leur curiosité et leur donner envie !

D'ailleurs les récents "Nico, en lisant ton blog, tu nous as donné envie de visiter Prague : on y part le mois prochain !" sont parmi ces rares phrases qui me scotchent aux lèvres un sourire béat toute une journée ! Alors me dire que mon bulletin et mon obsession passionnelle soudaine pour ce groupe vous a donné envie de prêter votre oreille à Arcade Fire en serai une autre... A bon entendeur.

Quoiqu'il en soit, pour contenter les deux petites voix qui n'arrivent pas à se mettre d'accord dans mon crâne, je vais opter pour un compromis : suffisamment pour vous donner envie, juste assez pour garder sauvage une partie de mon jardin secret arcadefirien.

They TurnThe Summer Into Dust

Pour ne rien gâcher au plaisir de la soirée, la première partie avait été choisie avec soin. Chargées de préparer le public à l'uppercut de leurs grands frères, les petites Electrelane n'ont pas faillies. Certes, la machinerie a mis du temps à se lancer : les demoiselles, tel un moteur diésel, ont dû faire quelques tours de chauffe avant de se mettre le public dans la poche.

Des chansons des 4 albums y passent pour le plus grand plaisir d'un public agréablement réceptif. Les morceaux sont majoritairement instrumentaux dans la lignée de Mogwaï : montée en puissance progressive jusqu'à l'explosion où les 4 jeunes filles entrent littéralement en transe et se débarrassent de leurs inhibitions. Elles portent bien leur nom, leur prestation est littéralement électrique.

Mention spéciale à la guitariste, Mia Clarke, on ne peut plus rock'n'roll qui a obtenu à l'issue de son frottement de guitare contre son ampli, le titre ô combien flatteur de femme de ma vie. Ni plus ni moins (d'ailleurs si quelqu'un veux bien la mettre au courant histoire de fixer une date pour le mariage).

Au terme 40 minutes de set crescendo, les lumières se rallument laissant le public sur sa faim. Mission accomplie. A cela s'ajoutent 20 minutes d'entracte très sixties offertes par l'Olympia qui deviennent péniblement 40 minutes d'attente. Aretha Franklin a beau avoir les mêmes initiales, personne ne s'y méprend, tout le monde s'impatiente.

Our Hearts Get Torn Up

Sans crier gare, les lumières s'éteignent enfin : la tension et l'attention n'en croient subitement ! Tous scrutent frénétiquement la scène, espérant secrètement et ridiculement être le premier de l'assemblée à voir le groupe. Qui est pris qui croyait prendre, c'est le groupe qui nous verra en premier.

Première leçon d'un talent sans limites, le groupe s'offre une entrée magistrale complètement improvisée par l'entrée du public. Armé d'aucune autre amplification que celle d'un mégaphone Win et ses acolytes se hissent jusqu'au milieu de la fosse sous le regard émerveillé des fans et entament une version unplugged de Wake up...

L'Olympia vibre sur le rythme de la chanson. L'Olympia vibre sous les "ouh oh oh" de 1500 personnes. Je vibre d'émotion. Magistral, grandiose, inoubliable... tous les superlatifs sont de rigueur.

Alors que le public est captivé par le centre de la fosse, Jeremy, le batteur en profite pour se glisser sur scène et s'entreprend à marteler une grosse caisse laissée là. Il est ensuite rejoint par un nouveau luron du groupe et se lancent dans une version canon des couplets.

Le public encore une fois fait un parcours sans fautes, conscient d'assister à un moment rare : pas de groupies hystériques, seulement des gens respectueux et soucieux de voir le groupe dans les meilleurs conditions pour jouer, lui laissant son espace vital.

Par la suite, on apprendra que le groupe, en collaboration avec une équipe de tournage, ont décidé quelques minutes avant d'entrer sur scène, de changer la setlist initiale et de commencer de cette manière quelque peu inédite. En backstage, avant de monter sur scène, ils honorent la caméra de concertaemporter.com d'une émouvante version de Neon Bible tournée dans un monte charge. Mythique. Et comme les images parlent toujours mieux que les mots :


#41 - Arcade Fire - Neon Bible & Wake Up
envoyé par lablogotheque. - Regardez plus de clips, en HD !

You'd Better Look Out Below

Je pourrai évidemment vous raconter comment ces 10 canadiens armés de violon, d'orgue, d'accordéon et d'autres instruments aussi peu conventionnels, ont ensuite réussit à créer le meilleur concert auquel j'ai pu assister jusqu'à aujourd'hui, mais je ne le ferai pas. Pas l'envie mais surtout la crainte que mes mots tachent et imagent d'une mauvaise manière la si belle réalité, qu'ils ne soient pas à la hauteur. Pas à la hauteur de la prestation, pas à la hauteur du génie, de l'inventivité, de la grâce...

Malgré le fait que nous étions 1500 ce soir là, pas un instant je n'ai cessé de ressentir cet espèce de lien unique entre le groupe et chaque personne de la salle. C'est comme si ils avaient réussit à expurger du plus profond de chacun une sensation que l'on savait tous présent en nous, mais que nous n'avions jamais pu faire sortir avant. Le bonheur dans son sens le plus brut. On en redemanderait.

Et c'est ce qu'on a fait... 1h40 de concert et 16 chansons plus tard, on en redemande. Les roadies s'affairent déjà à tout ranger, l'ingé son a quitté la régie, la moitié de la salle a quitté les lieux, mais nous on n'en a pas finit. L'obsession finit par payer car 20 minutes plus tard, visiblement ému et décontenancé, le groupe revient. Ils sont changés, certains douchés mais clairement décidé à exaucer notre dernier souhait. Après une petite concertation, tout le staff est rappelé à l'ordre, on rebranche les jacks, on rallume les amplis, on éteint de nouveau les lumières. Deuxième leçon, les doigts vers le ciel, on attend que la règle en bois leur retombe dessus. Qu'est ce que c'est bon.

Régine se saisit du micro. Je devine In The Back Seat. La version live est mille fois mieux que je n'aurait pu l'imaginer. Il n'en faudra pas plus pour me tirer un début de larmes. Il n'en faudra pas plus pour en tirer à Régine aussi. La plupart des textes sont tirés d'expériences très douloureuses (décès de proches), et même après des centaines de représentations, les émotions ne peuvent être contenues.

Même en écrivant ces lignes, la vidéo de Wake up sous les yeux, j'ai du mal à contenir les miennes. J'y étais...

J6 - Mala Strana et Saint Nicolas

mardi 16 janvier 2007

Rhhaaa, dernier bulletin enfin ! J'en profite donc pour remercier les lecteurs quotidiens de mon blog qui sont venus lire nos aventures désynchronisées. J'espère qu'elles auront donné envie à certain de découvrir par eux-mêmes les charmes de la République Tchèque ou auront rappelé de bons souvenirs à ceux qui ont déjà eu la chance d'y aller. Si oui, alors le but de ce blog est pleinement atteint...

Nous sommes donc le mardi 2 janvier, dernière journée complète au cœur de l'Europe ! La température est toujours aussi douce et on ne manque pas d'afficher notre autosatisfaction devant les pages toutes froissées du Routard ! La quasi intégralité des édifices recommandés par cet irremplaçable guide ont subit nos assauts touristiques... Ceux qui nous manquent n'en ont plus pour longtemps !

Le Tunnel d'Or - Aaron

Édifiée à la fin du 17ème siècle, elle est le symbole même de l'exubérance du baroque. Même si l'extérieur est assez quelconque, il en est tout autrement pour l'intérieur. Tout dans la décoration n'y est que richesse, exubérance et excès. Pour bien comprendre rappelons l'état d'esprit de l'époque : les jésuites avaient choisi le baroque pour symboliser la richesse, les privilèges et les avantages de l'Eglise catholique sur l'Église reformée (protestantisme). C'est réussit !


De gauche à droite : la façade de l'église - la mezzanine - le maitre autel sous le regard impassible d'un saint Nicolas en or.

Du brillant et du clinquant à en donner mal aux yeux et à la tête. Chaire en marbre, fioritures de statues, autel en or massif... Seule la fresque de la coupole mérite le coup d'œil tellement l'effet est saisissant. Finalement, la visite de cette église m'aura plus dégouté, qu'enchanté.

Sans vouloir faire de polémique, je trouve ça révoltant que pendant 800ans, cette religion ait usé de son poids pour profiter de la crédulité et de la détresse des gens. Depuis quand Dieu a t-il besoin d'argent à foison, de statues en or, de confessionnals en marbre ?

Même si je suis athée, je n'ai rien contre le principe de religion. Au contraire, j'admire le but qu'elles visent, les philosophies qui en découlent, les réconforts qu'elles apportent. L'exemple du protestantisme est parfait : sobre, sans fioritures mais efficace ! On s'intéresse à vous, vos problèmes et non pas à votre compte en banque ! En bref, pour moi, le catholicisme dans sa forme actuelle, c'est l'arnaque du millénaire (oui j'y vais un peu fort mais j'ai de l'énergie à revendre aujourd'hui).Heureusement la suite de la journée fut plus agréable.

Voices In Winter - Pure Reason Revolution

Mala Strana signifie "petit côté" par rapport à l'autre côté de la rivière, soit la Vieille ville. Encore plus que cette dernière, elle invite aux dérives romantiques à travers ruelles, escaliers, passages multiples bordés de merveilleux palais et de jardins. Des images ayant plus d'impact que de belles paroles :


De gauche à droite : vue sur l'ïle Kampa depuis Mala Strana - petite rue en allant vers le château - la même rue vue de plus bas.

En se perdant dans une de ces ruelles nous sommes tombés sur la boutique d'un artisan marionnettiste. En effet, les marionnettes sont une spécialité artisanale de la République Tchèque. On en trouve partout, à tous les prix, dans tous les matériaux... mais la plupart sont des pièges à touristes fabriquées en Chine (sic !). Ceci a encore plus accentué le contraste avec cette boutique-atelier !

A l'intérieur de vrais chefs d'œuvre, qui ne nécessitent pas de retomber en enfance, pour s'émerveiller devant. Couture des vêtements, sculpture du bois, peinture, création des accessoires... tout est le résultat de la main habile du propriétaire des lieux... Magique.


De gauche à droite : la façade du magasin-atelier - un exemple de créations.

Under The Bridge - Red Hot Chili Peppers

Trait d'union entre Mala Strana et la Vieille ville, impossible de terminer cette aventure sans parler du Pont Charles. Pont piéton, c'est un bel exemple de continuité urbaine harmonieuse. Construit au 14ème siècle par Charles IV, on le baptisa originellement "pont de Pierre" puis fut renommé au 19ème, pour rendre hommage à l'illustre personnage qui aima tant cette ville.

Avec ses deux tours et ses statues, le Pont Charles c'est un peu les Champs-Elysées et la place du Tertre réunis (en plus charmant, il va sans dire). Brosseurs de profil, peintres du dimanche, marionnettistes, groupes de jazz... toute la panoplie artistique est là. Les touristes également.


De gauche à droite : vue sur le Pont Charles depuis Kampa - vue sur une statue et sur la Tour du pont.

Voila ! C'est ici que s'achèvent nos aventures. La suite en septembre au retour du Mexique si tout va bien :-) En attendant, surement quelques petits posts par ci par là...

Na Shledanou !

J5 - Prague et l'Horloge Astronomique

lundi 15 janvier 2007

Oups oups ! Désolé pour cette petite absence, mais le week-end n'est il pas fait pour s'éloigner de cette infamie qu'est internet ? Bref, je m'égare !

5ème jour en République Tchèque et accessoirement premier de l'année 2007. Le temps s'adoucît de jour en jour puisque qu'aujourd'hui le mercure vient d'atteindre les 5°. Couchés tard donc levés tard et légèrement fatigués... Heureusement, on avait anticipé et élaboré programme léger !

Town Meeting Song - Danny Elfman

Monument principal de Prague, on ne pouvait pas ne pas le visiter (et encore moins ne pas en parler). Fondée au 14ème, cette belle tour carrée avec sa chapelle à encorbellement, est un peu la carte d'identité de la vieille ville.


De gauche à droite : l'ancien hôtel de ville et son horloge - gros plan sur l'horloge astronomique.

Accolée à un côté de la tour, l'horloge astronomique est l'un des clous touristiques de la ville. On raconte que l'horloger qui l'a mise au point eut les yeux brulés par les autorités, afin qu'il ne réalisât pas d'autre chef-d'œuvre ailleurs : drôle de reconnaissance ! Voyant la mort venir, l'aveugle se fit accompagner par ses fils auprès de l'horloge et en détruisit rageusement le mécanisme. Cette légende expliquerait pourquoi le système fut en panne pendant une longue période, avant qu'un autre savant puisse le remettre en état.

A chaque heure, cette étonnante œuvre, composée de deux cadrans (indiquant l'heure, la date, les mouvements du soleil et de la lune) et de statues mobiles, se met en branle : à droite la mort qui sonne la cloche, à gauche l'envahisseur turc qui fait "non" de la tête. Au dessus de tout ce beau monde les douze apôtres font la ronde ! On se croirait dans "it's a small world" de DisneyLand à la différence près que ces personnages marchent depuis 500ans avec leur mécanisme d'origine...

Il est également possible de visiter l'intérieur de l'hotel. Le tout est composé de magnifique et immenses bureaux. De là on peut se glisser dans les souterrains plein d'histoire de la ville, et ensuite monter dans la chapelle pour découvrir une magnifique vue sur Prague !


La preuve en image : vue sur la Prague depuis la chapelle.

The Wizard - Bat For Lashes

De l'autre côté de la place de la vieille ville, au cœur du palais Kaunicky, siège le musée Mucha. Né en Moravie (République Tchèque) en 1860, Alfons Mucha est mondialement connu pour ses illustrations et affiches réalisées pendant son séjour à Paris, pour illustrer les pièces de Sarah Bernhardt. Ces affiches, produites en grande quantité, lui valurent de devenir l'un des artistes les plus connus de la fin du 20eme siècle et l'un des fondateurs de l'Art nouveau.

A travers des centaines d'illustrations, des photos et des peintures, le musée permet de faire connaissance avec l'œuvre de l'artiste.


Y'a pas à dire, les pubs Nestlé avaient quand même meilleure tête que maintenant.

Rock The House - Gorillaz

La soirée s'est terminée au Rock Café ! Un bar tendance du centre de Prague : concerts tous les soirs, toujours rock mais pas souvent bon ! Quoiqu'il en soit la déco claque ! Un petit faible pour les tables en forme de grattes.



Et Demain !?

- Visite de l'église Saint Nicolas
- Promenade au cœur de Mala Strana.

J4 - Josefov et le Klementinum

mercredi 10 janvier 2007

4ème jour. Nous sommes le dimanche 31 janvier, dernier jour de l'année 2006. La température extérieure est de 3°C (c'est plutôt agréable) et tout laisse à croire que la neige ne se joindra pas à nous pour fêter la nouvelle année. Pas grave, nous avons déjà prévu de remplir nos yeux et nos oreilles au gré d'une promenade au sein du quartier juif, aussi surnommé l'ancien ghetto...

Un Peu Après Minuit - Ginger Ale

Aussi vieux que Prague elle même, le quartier juif n'a pourtant conservé de l'époque que ses six synagogues, son hôtel de ville et son émouvant cimetière. Malgré tout, il s'y concentre encore un pouvoir émotionnel, et une beauté spirituelle intacte, qui nous incitent à explorer ce bout de ville avec discrétion avec humilité.

Pour saisir l'importance de Josefov, si mêlée à l'histoire de la ville, il n'est pas nécessaire de revenir beaucoup en arrière. Tous les siècles, et le 20ème pas moins que les autres, ont durement frappé la communauté juive. Chaque coin de rue fait remonter cette impression de passer devant des cendres encore fumantes, devant des cicatrices à peine cicatrisées.


Le cimetière juif le matin, lorsque seuls quelques raies de lumière frappent cette forêt lapidaire et font surgir les pierres les une à une de la pénombre.

Le moment fort de notre promenade dans le quartier fût surtout la visite du cimetière juif. En son sein sont rassemblées 12 000 pierres tombales jaillissant dans un désordre inouï, au milieu d'arbres filtrant la lumière. Les buttes parsemant le terrain révèlent les quelques douze couches de sépultures qui s'empilèrent les unes sur les autres durant trois siècles.
En effet, dans la religion juive, il est interdit de toucher aux sépultures. On se contentait donc de remettre de la terre sur les plus anciennes tombes (merci au guide du groupe de touristes français devant nous pour l'info).

Au milieu de celles-ci on trouve quelques illustres personnages : le plus célèbre étant Jehuda Löw, rabin mathématicien et astronome à qui l'on associe la légende du Golem (plus d'infos sur cette légende ici).


De gauche à droite : la synagogue Pinkas et l'entrée du cimetière - un exemple de bâtiment Art Nouveau dans le quartier - la synagogue Espagnole.

Pour être honnête, la visite des six synagogues fût un peu décevante. Converties en musées thématiques sur les aspects de la vie juive au cours des siècles, elles perdent un peu de leur mysticisme. On s'amuse évidemment devant les instruments barbares de circoncision (oui bon ça m'amusait pas des masses) ou devant les 1001 formes de la Tora, mais on regrette un peu de ne pas visiter une vraie synagogue ; en comparer l'architecture et les symboles avec ceux d'une église catholique, les différences, les points communs... En dehors de ce point, cela n’empêche pas d'admirer les prouesses architecturales et les façades de ses dernières.

Enfin, le reste du quartier n'est pas en reste avec sa flopée d’édifices Art Nouveau, oscillant entre délirant et superbes, qui relient ainsi avec brio, les uns aux autres, ces vestiges historiques. La plus grande concentration d'Europe de ce style paraît-il.

Library - Tom Waits

Deuxième plus gros édifice de la ville (après le château), le Klementinum, ancien collège fondé au 16ème siècle, sert maintenant de bibliothèque d’État et de bibliothèque universitaire. Coincé dans le centre de la ville à quelques pas du pont Charles, cet endroit, méconnu des touristes, contient pourtant quelques trésors.


De gauche à droite : la Bibliothèque baroque - L'ancien refectoire d'été (les photos ne sont pas de moi car il est interdit d'en prendre)

Le premier d'entre eux est la Bibliothèque baroque, endroit magique n'ayant rien à envier aux plus belles salles de Poudlard. Comme inscrite hors du temps, elle renferme une impressionnante collection de livres d'époque abrités sous une ingénieuse fresque en trompe l’œil. Privée d’électricité pour ne pas abîmer les bouquins qui y reposent, les visites se font au gré des rayons de soleil qui s'aventurent à travers les petites lucarnes. En son centre une rangée de globes terrestres et célestes témoignant du savoir géographique du 17ème siècle. Un endroit magique ! Sûrement notre lieu préféré au cours de ce séjour.

Dans la même veine, l'ancien réfectoire d'été, qui sert aujourd'hui de salle d'études pour les étudiants (les veinards). De part et d'autre, deux immenses fresques murales d'origine, symbolisant tout le gigantisme de l'age baroque.

New Year's Eve - The Eagles


Feu d'artifice au-dessus du Pont Charles

Après un fantastique dîner dans un restaurant français (bah oui, faut pas déconner non plus, c'est quand même la France l'élite de la gastronomie), nous avons décidé de nous mêler à la population locale et son euphorie communicative pour passer nos dernières minutes deuxmillesixièmes ! Bien lotis sur les quais, les douze coups de minuit furent relayés par une impressionnante série de feux d'artifices tirés de manière coordonnés à 5 endroits différents ! 180° d'explosions multicolores avec, comme toile de fond, Prague de nuit... Unique !

Et Demain !?

Comme fatigués au réveil, pas grand chose :
- Visite de l'ancien hôtel de ville et son horloge astronomique.
- Musée Mucha.

J3 - Carl Orff et les alchimistes

mardi 9 janvier 2007

3eme jour ! Nous sommes le samedi 30 décembre 2006, la température extérieure est de -1°C et le planning du jour est remplit à ras bord. Heureusement d'ailleurs, ça évitera de se lamenter sur la disparition de la neige.

In The Castle - Wolfmother


En arrière plan, dominant Prague, le quartier de Hradcany.

Du haut de son promontoire, le quartier de Hradcany est le passage incontournable pour tout touriste qui se respecte. En son centre, trône l’immanquable Château royal, véritable ville dans la ville avec ses ruelles, ses cours, ses passages et son imposante Cathédrale St Guy dont la construction dura presque 600ans (entre construction et reconstructions dues à quelques guerres).

Parmi toutes ces ruelles, une en particulier, avec ses façades multicolores, envoûte les badauds qui s'en approchent ! Surnommée la ruelle d'or, elle fut le refuge des magiciens et alchimistes de la cour au 16ème siècle, sous le règle de Rodolphe II (qui parait il, n'avait pas toute sa tête).


De gauche à droite : la cathédrale Saint Guy - un exemple de ruelle du château - la fameuse ruelle d'or.

Témoin privilégié de tous les événements qui ont jalonnés l'histoire de Prague (défenestrations, décapitations, QG d'Adolf Hitler...), le Château royal constitue désormais une des pièces maîtresses de l'échiquier architectural tchèque. Il fut achevé au 14ème siècle par l'empereur Charles IV qui, amoureux de ce pays, fit de Prague le centre politique et culturel de l'Empire Romain Germanique (ce qui n'était pas une broutille). C'est également à cet illustre homme que l'on doit la construction du sublime Pont Charles et de la Cathédrale Saint Guy. Pas besoin de vous dire qu'ici on l'aime bien Charles !

La richesse de la multitude des édifices reposant au cœur de ces remparts pourraient encore être le sujet de plusieurs paragraphes, mais si vous en voulez plus, je ne peux que vous conseiller d'acheter sans tarder votre billet d'avion.

Imagine - John Lennon

Au pied de la colline de HradCany, au sud du Pont Charles, une petite rivière se détache de la Vltava pour enlacer amoureusement un morceau de terre et alimenter les moulins qui borde son cours. Un parc et de petites places pavées entourées de discrètes demeures jalonnent le parcours.

L'endroit est on-ne-peut-plus romantique et bucolique. A tel point d'ailleurs, qu'il a amplement servi à Milos Forman (l'autre enfant du pays, avec Kafka) de décors pour son excellent Amadeus.

Sur l'une des places de l'île (Velkoprevorske), l’œil du passant curieux est tout de suite attiré par un mur couvert de graffitis. En les observant, on arrive à reconnaître, grâce aux lunettes rondes si caractéristiques, qu'ils sont dédiés à John Lennon. Depuis sa mort, c'est ici qu'à chaque date anniversaire, le 8 décembre, des centaines de jeunes viennent se recueillir.


De gauche à droite : vue depuis l'île sur une minuscule portion du Pont Charles et un des moulins - extrait du mur hommage à John Lennon

Carmina Burana - Carl Orff

Terre d'accueil et d'inspiration pour de nombreux grands musiciens classiques (Mozart, Beethoven ou Berlioz pour ne citer qu'eux), Prague est encore aujourd'hui un carrefour incontournable en la matière. Avec ces trois Opéras et des programmations très régulières, on peut sans hésitation parler d'institution : les tchèques ont l'opéra dans les gènes.

Les programmes sont variés et pour tous les goûts : de Vivaldi à Bizet en passant par Mozart ! N'ayant que quelques bases en musique classique, nous avons jeté notre dévolu sur le Carmina Burana de Carl Orff programmé à la Maison municipale, un des plus beaux édifices Art nouveau de la ville.

Si l'extérieur est à tomber tant par sa forme que par ses décorations, l'intérieur lui donne le tournis : peintures, statues, mosaïques... on ne sait où donner de la tête. Au bout d'un grand escalier de marbre, on accède à la salle de concert Smetana, qui occupe sur plusieurs niveaux la partie centrale du bâtiment.


De gauche à droite : le beffroi attaché à la Maison Municipale - l'entrée de la Maison Municipale - vue sur la salle de concert (cette photo n'est pas de moi).

Confortablement installés au 4ème rang (alors qu'on avait acheté des places pour le 13ème), on admire les 120 musiciens qui entrent au compte goutte sur la scène pour quelques derniers réglages. Cuivres, percussions, cordes se mélangent alors pour un joyeux brouhaha.

20h tapantes. Extinction des lumières. Les 60 femmes et 60 hommes de la chorale prennent place sur le balcon derrière les musiciens. Arrivent ensuite les 3 solistes habillés comme dans un conte de fée Walt Disney. Le chef d'orchestre ferme enfin la marche quelques secondes après sous les applaudissements.

Silence total. Le petit bonhomme au milieu s'agite d'un coup dans tous les sens : dans la demi seconde suivante, 240 musiciens et chœurs s'embarquent en même temps dans son sillon pour un acte d'introduction sur les chapeaux de roue. Émotions garanties.

Pendant 1h30 tout ce petit monde en fait alors selon les volontés divines de Carl Orff. J'admire vraiment le talent de ces compositeurs : dégurgiter des partitions pour des dizaines d'instruments différents, pour les voix et assembler tout ça dans une symbiose parfaite... Du grand art...

Je ne peux que vous inviter de nouveau à écouter l'acte d'introduction de Carmina Burana ici, pour vous donner un petit aperçu de ce chef d’œuvre.

Et Demain !?

- Visite de l'ancien ghetto juif
- Visite de la bibliothèque nationale
- Réveillon du Nouvel An

Anecdote

Avant d'aller au château, nous avons visité le musée du Jouet. Celui-ci possède la plus grande collection de Barbie au monde ! Petite sélection :


Parmi les insolites en vrac : Barbie Beverly Hills 90210 - Barbie "trace de maillot" (??) (Pourquoi pas Barbie épilation aussi ?) - Barbie paraplégique (Quel parent irait acheter ça à son enfant ?).