J8 - Ilets Pigeon & Gateau au Chocolat

jeudi 24 novembre 2011

Samedi 14 mai 2011, aujourd'hui Nicolas a deux plongées de prévues... et moi aucune. Tant pis, je me contente de faire du snorkelling pendant qu'il parfait ses techniques d'orientation sous-marines.




Chocolate - Zed and The Partybelt

L'activité principale de la journée, sera la confection du "gâteau au chocolat de validation du niveau 1" exigé par Jérémy, "avec son nom écrit dessus en MM's", avait-il précisé. Ok, on achète les ingrédients, on emprunte un plat aux propriétaires du four et on négocie le fait qu'ils cuisent le gâteau en début d'après-midi. Je dépose Nico au club pour sa fin de formation Nitrox pendant que je réalise l'inscription "Jeremy" en MM's (Leader Price, les MM's, parce qu'à 8€ le sachet...). Il est beau, il est chaud, il est temps de le manger !


Mojito Girl - Europe

Retour au club, donc, où j'offre mon gâteau à Jérémy qui, à cause d'un orgelet, n'a rien pu lire. Peu importe, de toute façon, lui et Robin (le moniteur de Nicolas) avaient attaqué les MM's avant même de remarquer qu'il  y avait quelque chose d'écrit. De vrais gamins, à sa taper dessus pour avoir le MM's bleu, jusqu'à aller le chercher par terre, une fois tombé au milieu des eaux croupies dans lesquelles tout le monde marche. Ca faisait plaisir à voir :) Ensuite, direction "La Piscine" au milieu des îlets, où Nicolas plonge pendant que je fais une agréable séance de snorkelling.



La soirée est plutôt agréable. Tout d'abord un apéro organisé au gîte, où nous rencontrons un couple de jeunes réunionnais très sympathiques (et où nous dégustons mojitos, planteur et ti'punch maison). À l'heure de manger, il est très tard pour Malendure. 23h, il n'y aura plus rien d'ouvert... Nous tentons donc Zouty, la valeur sûre ! "On a fini mais il faut savoiw faiwe des exceptions... Ca vous dit une entwecôte avec des fwites ?" Nous voilà donc devant une énorme assiette, au milieu de Zouty, sa femme, Mylène, et d'autres clients du bar. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain soir en réservant une table pour le repas "spécial week-end du nautisme" et rentrons au bungalow, satisfaits de notre journée !


Et Demain !?

Demain, départ direction le nord de Basse-Terre à l'assaut de la mangrove. Mais qu'est ce que la mangrove, vous demandez vous ? Et bien revenez demain pour la réponse.

J7 - Canyoning & Cascades en Basse Terre

mardi 22 novembre 2011

Vendredi 13 mai 2011. Si nous étions aussi superstitieux que le Guadeloupéen moyen (dixit notre hôtesse des Saintes), nous aurions couru jouer au Loto, à l'Euro Million, au Rapido ou au PMU... Mais non, aujourd'hui, c'est journée nature !

Et ça commence au petit matin sur la plage du petit Malendure : un fameux spot de snorkeling permet de surprendre des tortues en plein petit déjeuner. Pleins de bonne volonté, nous voilà donc à l'eau... mais le vent de la nuit a tellement brassé l'eau et le sable que nous ne voyons même pas nos mains; on se croirait en Bretagne. Échec. Après un petit rinçage dans la douche extérieure des Heures Saines, nous nous rendons donc directement (et très en avance) à la Canopée pour notre demi-journée de Canyoning, et nous partons avec Nicolas et Nicolas (le moniteur) sur les hauteurs de Bouillante.


Afficher Guadeloupe 2011 - Day 6 - Canyoning sur une carte plus grande


Jump Rope - Blue October


De gauche à droite : Traversée de la jungle, arrivée à la rivière et début des réjouissances

La première partie du parcours (environ 45mn) est une traversée de jungle, nous permettant de rejoindre le lit de la rivière. Le reste du parcours consiste à descendre cette dite rivière.


Le canyon vu du haut - Le même vu du bas.

À partir de là, c'est beaucoup plus joyeux : des pierres glissantes (et des chutes contrôlées), des sauts de 10m, des rappels combinables de 25m avec des chutes très très contrôlées (hein Nicolas ?), mais aussi une contemplation de la nature et de chouettes explications par notre moniteur.


Jump !

Nous observons ainsi les effets des éruptions de la Soufrière et des crues successives sur le paysage local, nous croisons des ouassous dans la rivière, mais également de très impressionnants figuiers étrangleurs qui enchevêtrent un réseau de tiges autour d'un arbre "hôte" pour se développer, jusqu'à étrangler l'hôte. Une fois pourri, l'hôte se désagrège et on peut voir la lumière à travers le tronc du figuier. La dernière minute culturelle botanique se fera autour du bois d'Inde, une plante aux saveurs de citron ou de girofle, suivant la variété considérée.


De gauche à droite : effets des crues et des éruptions - eaux aux tonalités de souffres - le rappel de la mort


Rest - The Temper Trap

Nous passons le midi tous les trois sur la plage de Malendure, en mangeant un agoulou chez "Huguette et Fils", une sorte de hamburger steak/oeuf/oignon/sauce passé au grill. Délicieux, consistant mais pas très fin, vous en conviendrez. L'après-midi est, du coup, plutôt calme, puisque nous restons à l'abri du soleil sous le carbet de chez Rosie, pour laisser le temps à Nicolas de se remettre de ses blessures, récoltées sur le dernier rappel de 25 mètres.

Pour la soirée, nous décidons à nouveau de suivre les conseils de notre précieux Routard en nous rendant chez Eddy Papillon, à Bouillante. Nous ne savons pas du tout où se trouve le restaurant, mais il n'y a pas de quoi nous faire reculer, non mais...Mais avant de partir pour Bouillante, n'oublions pas de déposer ses 5 euros à Dada (qui en rit encore, de toutes ses non dents).

Après 15 minutes sur une route que nous appellerons, a posteriori "la route de la mort" (parce que la route normale, à côté, c'était vraiment une autoroute), nous finissons par trouver le restaurant en plein centre de Bouillante. Nous allons enfin pouvoir découvrir les merveilles d'Eddy ! Ah ben non en fait, sans réservation, Eddy ne fait que des pizzas le soir. Nouvel échec. Nous restons quand même, accompagnés par un crabe qui passera toute sa soirée à essayer de sortir de la salle, sans succès. Il n'avait qu'à accepter quand Nicolas a voulu le remettre dehors...




Et Demain !?

Demain c'est journée plongée pour Nicolas de nouveau et gateau au chocolat pour le reste !

J6 - Les Îlets Pigeon sous Nitrox

jeudi 10 novembre 2011

Jeudi 12 mai 2011 et enfin un petit-déjeuner avec du vrai pain ! Enfin avec du pain meilleur que celui de Super U quoi. En fait, il y avait une boulangerie à 10m du Super U et nous ne l'avions pas vue... Le programme du jour est simple : plongée et encore plongée (on est là pour ça quand même à la base).


Reptilia - The Strokes

Bref, bien en jambes, nous arrivons au club pour une première plongée sur le site de "La Piscine". Sur le bateau, pendant les 500m qui nous séparent des îlets, il y a déjà deux malades "oh là là, la houle !". Euh non, chez nous (en Bretagne) c'est un clapotis, ça... Cela dit, la plongée se passe fort bien et en bonne compagnie : je vois ma première tortue et je n'en reviens toujours pas.



Sur l'heure de midi, c'est un peu la loose. Nous sommes obligés d'aller chercher de la monnaie à perpète pour pouvoir acheter un bokit à la chiquetaille de morue sur la plage : du pain frit, fourré de morue, d'oignons et d'autres joyeusetés. En dessert, un tourment d'amour : un gâteau fourré à la confiture de divers fruits exotiques. C'est léger, bien comme il faut, parfait avant une deuxième plongée.


Déjeuner sous le ligne de la finesse et la légèreté.

Oxygen - JJ72

Avant cette deuxième plongée, d'ailleurs, Nicolas suit un cours de plongée au Nitrox, un gaz enrichi en oxygène et permettant de plonger avec des temps de palier moindres. La deuxième plongée, qui me sert de validation de niveau 1, se fait dans le "Jardin de Corail", où je vois ma deuxième tortue de la journée. De petits incidents techniques animent l'après-midi (mon détendeur de secours perd une pièce au moment où je dois "sauver" ma monitrice, le détendeur du collègue de Nicolas se détache de l'embout respiratoire en pleine plongée...), ça fait des choses à se raconter autour d'un planteur, sur le bateau, et tout le monde est content, surtout Nicolas qui a enfin pu goûter au Nitrox "qui a le même goût que l'air normal", me confiera-t-il, visiblement déçu.



Underwater - Tegan And Sara

De retour chez Rosie, nous inaugurons un nouveau loisir, le blind test subaquatique : un chanteur sous l'eau, un auditeur sous l'eau également, et roulez jeunesse ! Tout y passe, de Queen à la variété française en passant par les génériques de dessins animés. Nous envisageons d'ailleurs de monter une chorale. Vous pouvez nous faire parvenir vos maquettes, nous vous recontacterons.


J'ai plus d'appétit qu'un barracuda (sur un air connu)

Après nous être bien désoxygénés, nous nous rendons chez Dada, juste à côté de chez Zouty, elle aussi recommandée par le Routard. Une personne exceptionnelle, cette Dada.
- Bon, toi tu te mets à table là, et toi là
- C'est cool de se faire tutoyer directement, on adore !
- Ben si ya twemblement de tewwe on va tous mouwiw paweil, alows je tutoie !

Le repas, une fricassée de ouassous (des crevettes locales d'eau douce), est excellent mais nous avons juste un petit souci en fin de course : Dada n'accepte que le liquide, et nous n'avons pas assez. "Ya pa ni pwoblem, c'est pas beaucoup". Non non Dada, on repassera demain !Pour l'heure, il est temps de se mettre au lit. Et vous savez quoi ? J'ai enfin une moustiquaire ! C'est beau, la vie.

Et Demain !?

Demain nous irons risquer nos vies dans les canyons de la Basse Terre, rien que ça !

J5 - L'Ascension de la Soufrière

mardi 8 novembre 2011

Mercredi 11 mai, 5h du matin. Aujourd'hui nous nous accordons une petite pause dans nos formations respectives de plongée pour tenter l'ascension de la Soufrière, volcan en activité et point culminant des Antilles à 1467m. D'après le Routard, depuis son sommet on pourrait même apercevoir Marie Galante et la Martinique par temps dégagé... Malheureusement, le temps dégagé n'est pas vraiment au rendez vous ces derniers jours d'après tous les gens qui y sont montés récemment... On croise donc les doigts pour avoir plus de chances qu'eux.


Afficher Guadeloupe 2011 - Day 4 - La Soufrière sur une carte plus grande


Concrete Jungle - Bob Marley

"Radio Transat, dans toute la Caraïbe, le son Pop-Rock... avec une petite pointe de Reggae !". Non mais sérieux, ils les trouvent où leurs jingles ? Tout le long de la route, les publicités sont plus ringardes les unes que les autres, que ce soit à la radio ou en 4x3. D'ailleurs, toutes les publicités sont créolisées, jusqu'à la pub pour la motte de beurre Président. Et même Jésus est créole, comme nous le prouvera un crucifix planté quelques kilomètres avant la Soufrière.


Mode Créolisation

Les petites routes à la con se succèdent et nous parvenons enfin aux Bains Jaunes, point de départ de la randonnée situé à 950m d'altitude (le panneau ne signifiant pas que les Bains Jaunes sont 950m plus loin, comme je l'ai cru pendant au moins 2km). Il est 7h10, la randonnée commence. La première partie, très boisée et assez difficile à froid, débouche sur un plateau permettant d'attaquer la Soufrière et sur lequel l'odeur de sulfure d'hydrogène est déjà insoutenable.


Ca parait pas si haut vu du plateau, non ?

Nous avons la chance de monter à l'ombre de la montagne tandis que nous croisons Francky Vincent (ou son sosie en mode musclé) qui descend en courant surement pour la 3ème fois de la journée. L'ascension est ponctuée de "pauses second souffle" (les merveilleuses barres de céréales de Super U) et de prises de photos salvatrices.


Le même plateau mais vu de l'autre côté

En même temps, il faut avouer que chaque mètre parcouru nous dévoile un nouveau paysage magnifique.


À mi-chemin


Up From Below - Edward Sharpe


Bientôt au sommet.

La dernière partie du parcours est la plus difficile mais la vue complètement dégagée, en parvenant au sommet, récompense copieusement nos efforts. Le panorama est terrible : rocheux et chaotique, quasi lunaire et hérissé de pitons... Les émanations de sulfure d'hydrogène et de particules de soufre sont très importantes, c'est impressionnant (et ça sent mauvais).


Enfin au sommet. À gauche le cratère encore fumant.

Nous amorçons notre descente, croisons des gens qui montent sous un soleil brûlant avec des nourrissons, des enfants en bas âge ou des tongs... Si même l'athlète que représente Nicolas a chuté (de manière parfaitement contrôlée) avec des vraies chaussures, qu'est-il advenu de notre marcheur tonguiste ?
En toute fin de randonnée, les Bains Jaunes représentent la récompense ultime : une eau douce (bien qu'un peu acide) chaude à souhait dans laquelle nous nous lançons dans une petite séance d'apnée dynamique. "Aaaaaah il y a quelque chose qui bouge, là, sous l'eau !". Mais non bobonne, ce n'est que Nicolas...


Digital Bath - Deftones

De retour à Malendure, nous nous posons tranquillement sous le carbet puis dans la piscine pour passer les heures chaudes de l'après-midi. Lorsque la chaleur redevient supportable, direction la Ravine Thomas, près de Bouillante, une source d'eau douce jaillissant à 70°C et se mêlant à l'eau de mer en bord de falaise. L'endroit est paumé, pas indiqué pour deux sous, et nous nous retrouvons ainsi dans une grande baignoire au milieu de la population locale, tour à tour ébouillantés par l'eau brûlante de la source et saisis par une vague providentielle qui nous apporte un peu de fraîcheur. Vraiment très chouette !


La Ravine Thomas (comme nous n'avions pas notre appareil photo avec nous, la photo vient d'ici)

Pour finir de nous remettre de nos émotions, nous sortons dîner à la Touna, restaurant réputé de Malendure, où Nicolas fait ami ami avec le patron en lui lançant :
- Dites donc, on désespérait de vous voir ouverts !
- Lundi, fermeture hebdo, hier fermeture exceptionnelle, vous n'avez pas dû essayer longtemps...
Mouais, heureusement qu'il y avait Magali, la serveuse végétarienne inconditionnelle des acras, des rillettes et du saucisson de poisson ! Magali nous conseillera fortement d'aller faire un tour du côté de chez Cap Créole, une "conserverie" locale, chose que nous ferons la semaine suivante.

La nuit est tout simplement atroce. Je rêve d'une moustiquaire... Une petite pause salle de bain au milieu de la nuit me mettra en présence d'une énorme blatte et d'un lézard mais bon, après quelques jours on n'y fait même plus attention, de toute façon.


Et Demain !?

Demain le programme est simple : plongée, tortues, plongée, tortues (ou inversement)

J4 - Le Secret de la Vanille

mercredi 26 octobre 2011

Mardi 10 mai 2011. Après un petit-déjeuner bien fortifiant, j'ai droit au cours théorique obligatoire pour le N1 de plongée pendant que Nicolas est parti se renseigner à la Canopée pour nous organiser une demi-journée de canyoning. La plongée, dans la foulée, se déroule dans le Jardin de Corail, site célèbre où un buste de Cousteau faisant un "ok" de plongeur a été immergé. Malheureusement un petit problème contracté aux oreilles pendant des exercices sous l'eau me contraint à annuler ma plongée... Et pendant que Nicolas admire sa première tortue guadeloupéenne sous l'eau et gère un énième faux malaise de son bourreau, mon moniteur et moi devons nous contenter d'admirer les fessiers de jolies demoiselles faisant du snorkeling *sigh*.




Cup Of Coffee - Garbage

Après d'infructueuses recherches aux pharmacies de Bouillante et Vieux-Habitants d'un après-soleil conseillé par la mère d'Anne-Cécile, nous faisons cap vers Vanibel, une plantation de café, de bananes et de vanille qui figure sur notre programme (Vanibel ne venant pas de vanille mais de Van Bel, un hollandais qui a fondé la plantation, bande d'incultes).


Afficher Guadeloupe 2011 - Day 3 - sur une carte plus grande

La visite est extrêmement instructive et le copropriétaire de la plantation est captivant. Quelques faits :

Un plant de café met 5 ans pour produire et étant donné qu'il est censé être cultivé en altitude, en Guadeloupe, il est abrité du soleil par des bananiers . Le café a été introduit sur l'île en 1723 et il n'a jamais été modifié depuis. A défaut de pouvoir être compétitif, le café guadeloupéen se classe dans le café de luxe : celui de Vanibel est vendu notamment par Malongo sous le nom "Guadeloupe Bonifieur" et qui le leur achète 18€ le kg (le robusta se négocie à 1.5€ et l'arabica à 3€...).


De gauche à droite : Le domaine de Vanibel - Un plant de café à gauche, un babanier à droite

Le caféier fleurit de janvier à juillet, ce qui permet de récolter d'août à décembre, à la saison des pluies, ce qui permettait d'actionner le moulin mécanique, par le passé. Ce moulin effectuait 3 opérations : enlever la cerise extérieure, enlever la petite peau autour des grains, séparer le café vert de la petite peau.
Malheureusement, le café a été quasiment abandonné en Guadeloupe, au profit de la banane : en cas de cyclone, il faut attendre 5 ans pour une nouvelle récolte (6 mois pour la banane) et le Brésil est devenu un concurrent trop rude. Ceci dit, le café n'épuise pas le sol, et ça c'est bien !


L'ancien moulin à café.


Blue Orchid - The White Stripes

La partie sur la vanille est de loin la plus interressante et la plus surprenante de la visite. La vanille est une variété d'orchidée qui a besoin d'un support pour pousser. Ce qui la rend très difficile à cultiver, c'est qu'elle doit être pollinisée à la main, fleur par fleur, à raison d'une fleur par plant et par jour. Et comme si ce n'était pas assez fastidieux, les fleurs s'ouvrent entre 3 et 6h du matin seulement : il faut être vif.  A l'origine, la vanille vient du Mexique où il existe une espèce d'abeille capable de la polliniser correctement. Cependant si on a réussit à implanter la vanille ailleurs, l'abeille, elle, n'a jamais pu s'adapter. Ceci explique en partie le prix de la vanille : 3800€ les 100g de poudre !


Un plant de vanille

Au niveau consommation, il se passe 1 an et demi entre la pollinisation et la consommation (pollinisation, développement, cueillette à vert, technique Bourbon pour bouillir la cosse, séchage de 6 mois...). Vanibel produit 500kg de cosse de vanille par an, et la poudre ne représente que 2% de cette masse. Le prix de revient d'une parcelle de vanille est de 15000€ par hectare et par an, un prix beaucoup trop élevé pour confier cette tâche délicate à des ouvriers. Du coup, ce sont les propriétaires de la plantation qui s'occupent eux-mêmes de la vanille.

Quelques anecdotes pour finir sur la vanille :
- La vanille bourbon ne vient pas nécessairement de la Réunion (c'est Madagascar qui inonde le marché). Bourbon est une technique de préparation de la vanille, créée à la Réunion, mais dont le nom n'a pas été déposé. Du coup, tout le monde fait de la vanille bourbon.
- Nous sommes obligés de consommer de la vanilline (vanille artificielle) car la production mondiale de vanille est très insuffisante pour couvrir nos besoins. Même les parfumeurs de prestige y ont recours.
- "Vanille épuisée", indiqué sur un emballage, signifie que la vanille utilisée pour le produit a été rachetée à un industriel qui avait déjà utilisé la poudre (extraite par quel moyen ?). Super...


Welcome To The Monkey House - The Dandy Warhols

La banane, quant à elle, est une belle saloperie. Le bananier n'est pas un arbre mais une plante qui se développe en 4 mois, développe un gros régime, épuise le sol et meurt au bout de 10 mois. Les républiques bananières d'Amérique du Sud pètent le marché, mais ça vous l'avez appris au lycée, en espagnol ou en géo, alors nous ne nous y attarderons pas. Il existe trois variétés principales de bananes : les bananes normales, qu'on mange salées (vertes) ou sucrées (jaunes), les grosses bananes plantin qu'on ne mange que salées, et les petites bananes jaunes qu'on ne mange que sucrées (mais qui coûtent un bras).


De gauche à droite : Une fleur de bananier : les pétales de la fleur sont en fait des bananes - Un plant de banane.

Après la visite, nous dégustons les produits de la plantation : les bananes et caramboles du jardin, avec un café maison... Ni Nicolas ni moi ne buvons de café, mais celui-là était tout simplement au top. Pendant cette dégustation nous faisons la rencontre de celle que nous appellerons "bobonne", une petite blonde tout étonnée que quelqu'un ait pu commettre la folie de réserver un vol, un hôtel et une voiture par trois biais différents. Thomas Cook, quand tu nous tiens... Avant de partir, Nicolas et moi allons saluer et remercier les propriétaires (père, fils et fille), affairés à trier à la main, grain par grain, le café destiné à l'exportation, sur la table de la cuisine. Un café de qualité, vous avez dit ?

Ma gourmandise me perdra puisque, au sortir de la plantation, après avoir coupé quelques bananes vertes sur un régime avec Nicolas, je finirai avec de la boue jusqu'aux mollets :
- Euh Xavier ça m'a l'air marécageux par ici
- Mais non j'y suis passé tout à l'h... *SPLOUF*


Keep The Car Running - The Arcade Fire

Au retour, et après avoir trouvé un après-soleil palliatif à la pharmacie de Basse-Terre ville, nous finirons l'après-midi par une petite séance d'apnée dans la piscine du gîte, avant de copieusement nous tartiner le corps (chacun le sien) de biafine, histoire d'essayer de sauver les meubles. Ensuite, direction "Délices Créoles", sur la rue principale de Malendure, où nous sommes reçus par Mylène, une serveuse locale tout à fait sympathique :
- Vous auriez quelque chose de local, des acras par exemple, pour l'apéro ?
- Euh non mais j'ai des chips


Un apéro haut en couleurs.

Après l'apéro (ti'punch miel) Nous dégusterons finalement un Colombo de cabri puis un flan coco arrosé de caramel, de coulis de fraise, de chantilly et recouvert des petits vermicelles multicolores qu'on met sur les gâteaux d'anniversaire, tout ceci sous le vacarme des automobilistes roulant comme des dingues à quelques mètres de notre table, sur un fond de Zouk'N'B... Nous réalisons à cet instant que notre espérance de vie, assis à cette table, est faible par rapport aux moments où nous roulions à fleur de ravin ou lorsque nous nous faisions doubler en plein virage et avec une visibilité nulle par ce fou dans son Audi TT RS blanche... Signe du Ciel, un crabe de terre a tout de même réussi à traverser la route pendant le repas. Autre signe du Ciel et de la french touch que nous inspirons, un planteur de fin de repas nous est offert par Mylène, puis un rhum vieux par Zouty, le patron. Un vieux bizarre nommé Ti'Alphonse et prétendant être gynécologue-dentiste nous rejoint au bar, visiblement plein comme une barrique. La conversation devient juste surréaliste.

[nous] On a voulu aller chez Dada hier (un restaurant), mais c'était fermé
[alphonse] Elle n'est pas fewmée Dada, elle a eu deux enfants, je sais bien, je suis gynécologue, j'ai étudié à l'univewsite de Bowdeaux-Montpellier.
[zouty] Hééé, Ti'Alphonse il est malin comme un winocéwos !

[zouty] Oh au fait vous m'avez peut-êtwe vu sur la woute, j'ai une Audi TT RS !
[nous] C'est toi qui roules comme un dingue ? Tu nous as doublé en plein dans un virage hier !
[zouty] Hé hé, j'ai 340cv, mais je ne suis pas dangeweux, j'ai juste la puissance nécessaiwe pouw doubler sans êtwe dangeweux pouw les gens d'en face
[nous] ...

[mylène] Oh vous avez le Routard ? Venez avec demain, vous aurez l'apéro gratuit
[nous] Euh on a déjà eu l'apéro et deux digestifs gratuits là :)

Et Demain !?

Demain nous atteindrons de nouveaux sommets ! Et en particulier celui de la Soufrière, volcan encore actif et point culminant des petites Antilles.